Pourquoi il y a désormais 52% de poulet étranger dans nos assiettes

Les Français n’ont jamais autant mangé de poulet. Poulet rôti, filet servi à la cantine, morceaux glissés dans une salade : cette viande s’est imposée dans les habitudes alimentaires. Mais derrière ce succès se cache une autre réalité, beaucoup moins visible pour le consommateur : désormais, il y a moins d’une chance sur deux que le poulet consommé en France soit français.

Selon une étude rendue publique par le ministère de l’Agriculture, 52% du poulet avalé en France l’an dernier venait de l’étranger. En 2000, cette part n’était que de 24%. En vingt-cinq ans, la place des importations dans les assiettes a donc plus que doublé. Le poulet est devenu un symbole très concret de la perte de souveraineté alimentaire.

Une consommation en forte hausse, une production qui ne suit pasLa première explication tient au succès même du produit. La consommation de poulet progresse sans cesse. L’an dernier, elle a encore augmenté de 6%, après une hausse identique l’année précédente. Sur vingt-cinq ans, le volume consommé a doublé.

Le problème, c’est que la production française ne suit pas ce rythme. Il ne s’agit pas, ici, d’un manque d’envie de produire de la part des éleveurs. La difficulté vient surtout des freins rencontrés lorsqu’un aviculteur veut créer un poulailler ou agrandir une installation existante. Entre l’opposition du voisinage et des contraintes réglementaires jugées trop lourdes, beaucoup finissent par renoncer.