Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Sécheresse Sécheresse Sécheresse Tribune Florence Denier-Pasquier spécialiste de l’eau Nicolas Richard président de France Nature Environnement Face à la détresse de la faune sauvage liée aux fortes sécheresses de l’été, des gestes de solidarité et des mesures urgentes s’imposent pour préserver la biodiversité, alertent Florence Denier-Pasquier, spécialiste de l’eau, et Nicolas Richard, président de France Nature Environnement, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La sécheresse et les températures exceptionnelles de l’été ont des incidences dramatiques sur le vivant. Les cultures et les animaux d’élevage sont en grande souffrance, tout comme l’ensemble de la biodiversité, déjà en crise à cause des pollutions, des pesticides et de la disparition des habitats naturels. Or l’un des services gratuitement rendus par une biodiversité en bon état est d’améliorer le stockage d’eau dans les sols, de séquestrer du carbone et de rafraîchir l’atmosphère. Partout autour de nous, nous voyons les signes d’une sécheresse douloureuse : des prés jaunis, des arbres sans feuilles, un renard au bord d’une route qui cherche désespérément à boire, des fleuves réduits à de minces filets d’eau, des poissons morts dans les rivières à sec et les étangs surchauffés, des incendies terrifiants… Mais, sans bruit et loin des regards, c’est tout le monde vivant qui est en état de choc : les insectes, les amphibiens et les reptiles, les oiseaux, les petits mammifères et, surtout, les organismes du sol, faune et champignons qui y font la vie. Les indicateurs révèlent un dessèchement précoce inédit des forêts et des sols exceptionnellement secs dans la quasi-totalité de la France. Les écosystèmes aquatiques ne se portent pas mieux. Selon l’Office français de la biodiversité, 1 373 cours d’eau étaient affectés, au 1ᵉʳ août, par des ruptures d’écoulement ou des assecs, chiffre deux fois supérieur à celui de 2025 et qui dépasse même celui de la sécheresse historique de 2022. De fait, les têtes de bassin versant sont touchées, alors qu’elles sont très précieuses pour la biodiversité, la qualité et la quantité d’eau. Cercle vicieux L’eau ne sert pas seulement à boire ou à produire, elle fait aussi fonctionner les écosystèmes : sols vivants, végétation, reproduction, alimentation, refuges et interactions entre les êtres vivants. Une prairie qui jaunit ou une rivière qui s’assèche ne fait pas que changer de couleur ou d’aspect, c’est un milieu qui perd progressivement les conditions permettant à la vie de s’y maintenir. Il vous reste 68.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.