Accusés de provoquer l’addiction des adolescents, de dissimuler la nocivité de leurs produits, qui les poussent à la dépression, et de prélever illégalement les données personnelles des enfants, Meta et ses réseaux sociaux Instagram et Facebook affrontent leur plus sérieuse tempête. Depuis le 18 août, à Oakland (Californie), 29 Etats américains poursuivent la firme de Mark Zuckerberg, à laquelle ils réclament 200 milliards de dollars (environ 170 milliards d’euros) – soit, selon le New York Times, 14 % de sa valeur boursière.
C’est le procès de la boîte noire des plateformes, non celui des contenus, qui s’ouvre. Quelle qu’en soit l’issue, il marquera un moment important, celui d’une prise de conscience sociétale salutaire, comparable au retournement de l’opinion contre les cigarettiers il y a trente ans.
Les griefs adressés à Instagram s’inscrivent dans la droite ligne de ceux exposés en 1994, lors de la première action collective lancée aux Etats-Unis contre les géants du tabac, accusés d’avoir rendu accros des millions de fumeurs tout en leur cachant les dangers de la cigarette. En 2004, l’Etat fédéral exigeait encore d’eux 280 milliards de dollars, notamment pour avoir mené, depuis 1950, « une vaste campagne afin de contrer les preuves de plus en plus manifestes d’un lien entre la consommation de tabac et des maladies graves ».















