Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Tribune Collectif Il devient intenable de maintenir des exploitations qui, outre leurs effets polluants, sont très gaspilleuses en ressources, souligne un collectif de chercheurs spécialistes de la condition animale et de l’écologie dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le secteur de l’élevage subit violemment les effets des canicules à répétition. A l’échelle nationale, une surmortalité record des animaux a été observée début juillet dans les fermes-usines, dont est issue la grande majorité de la viande consommée en France : + 1 000 % pour les volailles, + 200 % pour les cochons en Normandie et en Pays de la Loire. Les usines d’équarrissage ne sont pas parvenues à traiter les cadavres des bêtes, qui ont été enfouis par centaines de milliers par les éleveurs eux-mêmes en Bretagne. En élevage extensif, les vaches vivent très mal les fortes chaleurs et la sécheresse attaque l’herbe des pâturages, compromettant leur alimentation pour les mois à venir. C’est un désastre pour les animaux, et une situation particulièrement éprouvante pour les agriculteurs. Or l’élevage, qui subit durement les effets du dérèglement climatique, en est également une cause majeure, dont la contribution peut être estimée à 20 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Par comparaison, les émissions directes du secteur des transports représentent environ 15 % des émissions globales. Par ailleurs, les réductions d’émissions de l’agriculture sont plus rapidement bénéfiques que celles de l’énergie ou des transports : une partie significative d’entre elles concerne le méthane, un gaz qui persiste moins longtemps dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone. Ainsi, en 2022, une étude publiée dans la revue Plos Climate estimait qu’une sortie rapide des productions animales à l’échelle mondiale aurait le potentiel de stabiliser le niveau des gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour trente ans, et de compenser 68 % des émissions au XXIe siècle, grâce à la récupération de terres associée. Prendre soin de la biodiversité Il s’agit bien sûr d’un scénario heuristique, qui permet de considérer l’élevage à sa juste mesure dans les politiques climatiques. Il est en tout cas regrettable que la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, publiée en février, n’ait pas fixé des objectifs clairs de réduction des productions et des consommations animales. Depuis au moins quinze ans, les scénarios de transition agroécologiques les plus sérieux préconisent une réduction d’au moins 50 % du cheptel bovin et de 30 % à 70 % de la consommation de produits animaux (viande, laitages et œufs) selon les études, pour respecter les engagements climatiques. Il vous reste 60.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La fermeture des élevages intensifs devrait être planifiée rapidement »
TRIBUNE. Il devient intenable de maintenir des exploitations qui, outre leurs effets polluants, sont très gaspilleuses en ressources, souligne un collectif de chercheurs spécialistes de la condition animale et de l’écologie dans une tribune au « Monde ».






