Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Tribune Gilles Luneau Journaliste et réalisateur Il existe des scénarios pour sauver la filière, mais il faudrait que la FNSEA, premier syndicat agricole de France, les accepte et ne reste pas arc-boutée sur un modèle économique menacé de péremption, estime le journaliste et réalisateur Gilles Luneau, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 16h30 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Canicules, incendies, sécheresses, vagues de chaleur… L’agriculture européenne est confrontée aux assauts du dérèglement climatique, et, avec elle, l’ensemble de la chaîne alimentaire. Arnaud Rousseau, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), a eu raison de sonner l’alarme sur Franceinfo, samedi 8 août, mais tort de réclamer « plusieurs milliards d’euros » sans autre formalité que de demander de l’argent public pour les victimes agricoles du climat. Les agriculteurs se trouvent assurément dans une situation de détresse, et la solidarité nationale doit s’exprimer pour leur venir en aide. Sans agriculture, pas de nourriture. Il est bon de rappeler que la filière porte la société. Baisse du rendement des grandes cultures, fruits et légumes grillés par la chaleur et en manque d’eau, prairies desséchées sans espoir de regain, élevages touchés par un manque de fourrage et victimes d’énormes taux de mortalité, avec une maltraitance animale vertigineuse, recul de la production laitière : autant d’impacts qui dégradent la trésorerie des fermes, altèrent la santé des agriculteurs et menacent la sécurité alimentaire du pays. Historiquement, la situation est inédite, mais le fait qu’elle soit appelée à se répéter n’est, lui, ni surprenant ni exceptionnel. Les scientifiques l’annoncent depuis des décennies. Le premier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) date de 1990, et les cinq autres qui ont suivi ont confirmé et précisé les trajectoires de réchauffement global de la Terre. Les scientifiques ont pensé, expérimenté et chiffré l’indispensable approche systémique climat-biodiversité, la seule capable d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre et d’enclencher la mutation de nos modes de vie, en adéquation avec les limites planétaires. Impasse Les transports, le bâtiment et les travaux publics, l’énergie et l’industrie ont amorcé leur grand virage vers la durabilité, et la société leur a embrayé le pas. L’agriculture dite « conventionnelle », dont M. Rousseau dirige le syndicat le plus important, est le seul secteur qui fait la sourde oreille aux recommandations scientifiques. Il parle aujourd’hui de « catastrophe » et sollicite « des milliards d’euros » pour l’agriculture. Il vous reste 65.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Changement climatique : « L’agriculture dite “conventionnelle” est le seul secteur qui fait la sourde oreille aux recommandations scientifiques »
TRIBUNE. Il existe des scénarios pour sauver la filière, mais il faudrait que la FNSEA, premier syndicat agricole de France, les accepte et ne reste pas arc-boutée sur un modèle économique menacé de péremption, estime le journaliste et réalisateur Gilles Luneau, dans une tribune au « Monde ».







