Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Tribune Florence Burgat Philosophe, directrice de recherche à l’INRAE Jean-Claude Monod Philosophe, directeur de recherche au CNRS Les pouvoirs publics seuls sont en mesure de favoriser un changement profond et généralisé dans les habitudes des citoyens par la promotion de solutions de remplacement à l’alimentation carnée, relèvent, dans une tribune au « Monde », les philosophes Florence Burgat et Jean-Claude Monod. Publié aujourd’hui à 17h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Avec plus de 2 000 morts à ce jour, la canicule a frappé les Français au mois de juin. Elle a aussi fait un nombre considérable de victimes dans le monde animal, en particulier dans les installations d’élevage confiné intensif. D’après les premières estimations fournies par l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair, entre 2,5 et 3 millions d’oiseaux sont morts en une semaine dans le seul Grand Ouest. Dans la Mayenne, plus de 450 tonnes de cadavres de poulets et de cochons ont été enterrées, selon la préfecture, tandis qu’en Bretagne, on parle de 500 tonnes de cadavres d’animaux issus de l’élevage confiné intensif. Des images terribles nous montrent ces hécatombes. La mortalité est ordinairement élevée dans ces élevages, car ce système largement exporté et adopté « gère » les animaux comme des « stocks » de la naissance à la mise à mort, « stocks » pouvant souffrir de « pertes » lors de l’engraissement ou de la mise-bas. Durant ces jours écrasants, pourtant, les équarrisseurs n’ont pu faire face à l’afflux de cadavres. Ces événements macabres s’ajoutent aux alertes lancées depuis des décennies par de nombreuses associations et aux rapports d’institutions internationales : l’agro-industrie de la viande est le lieu de conditions dégradantes pour des êtres vivants. C’est aussi un facteur important de pollution et de réchauffement climatique. Faut-il rappeler, par la voix de l’Organisation des Nations unies, que « l’élevage fait partie des secteurs les plus destructeurs de la planète, accentuant notamment la raréfaction des ressources en eau et contribuant, entre autres choses, à la contamination de l’eau avec des déchets animaux, des antibiotiques et des hormones, des produits chimiques provenant des tanneries, des engrais et des pesticides chimiques pulvérisés dans les cultures vivrières » ? En France, aujourd’hui, 60 % des animaux d’élevage sont confinés dans seulement 3 % des fermes, soit plus de 200 millions d’animaux. Les dommages environnementaux sont catastrophiques et divers : pollution de l’eau, avec la présence d’algues vertes en Bretagne, pour n’évoquer que le fléau environnemental le plus médiatisé, des sols (nappes phréatiques) mais également de l’air en raison de la libération de particules fines. Il vous reste 61.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La transition alimentaire est indispensable à la survie de l’espèce humaine »
TRIBUNE. Les pouvoirs publics seuls sont en mesure de favoriser un changement profond et généralisé dans les habitudes des citoyens par la promotion de solutions de remplacement à l’alimentation carnée, relèvent, dans une tribune au « Monde », les philosophes Florence Burgat et Jean-Claude Monod.








