Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Tribune Collectif Dans un monde plus instable, la souveraineté alimentaire est devenue l’une des conditions de notre sécurité économique et de notre résilience face aux crises, estime un collectif de spécialistes des questions agroalimentaires, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 17h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La souveraineté alimentaire est aujourd’hui au cœur du débat public. Les discussions suscitées par le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles en témoignent. Mais derrière un terme qui semble faire consensus se cachent des visions très différentes. Pour les uns, la souveraineté alimentaire se mesure d’abord à notre capacité à produire davantage et à préserver une balance commerciale agroalimentaire excédentaire. Pour les autres, elle désigne la capacité de notre pays et de ses territoires à garantir, dans la durée, une alimentation accessible, de qualité et résiliente, tout en réduisant les dépendances qui fragilisent notre système alimentaire. Cette divergence n’est pas sémantique. Elle conditionne les politiques publiques que nous choisissons de conduire. Les crises de ces dernières années ont profondément transformé notre regard. La pandémie, la guerre en Ukraine, les tensions et conflits géopolitiques au Moyen-Orient ou encore les crises climatiques n’ont pas créé de nouvelles vulnérabilités ; elles ont rendu plus visibles encore celles qui existaient déjà… L’agriculture européenne repose sur un équilibre devenu particulièrement sensible aux chocs extérieurs. Les coûts de production dépendent largement des marchés mondiaux de l’énergie, des engrais ou des matières premières. Les revenus agricoles demeurent soumis à une forte volatilité. Les différentes tensions géopolitiques, climatiques ou commerciales se répercutent désormais presque immédiatement dans les exploitations agricoles, les industries agroalimentaires et, finalement, dans le panier des ménages. Cette vulnérabilité concerne l’ensemble de la société. L’inflation alimentaire des dernières années l’a rappelé avec vigueur. Lorsque les prix augmentent brutalement, ce sont toujours les ménages et les producteurs les plus fragiles qui en subissent les premières conséquences. L’alimentation devient alors une variable d’ajustement budgétaire. Et, derrière les questions agricoles, se dessinent des enjeux de santé publique, de cohésion sociale et même de stabilité démocratique. Il vous reste 62.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.