Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Eau Eau Eau Tribune Serge Le Quéau Syndicaliste et militant écologiste Serge Le Quéau, corapporteur d’un avis du Conseil économique, social et environnemental sur la gestion de l’eau, déplore, dans une tribune au « Monde », que les pouvoirs publics préfèrent traiter les conséquences du phénomène plutôt que ses causes. Publié aujourd’hui à 11h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le rapport de suivi publié par la Cour des comptes, en juillet, sur la lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne ne révèle rien que nous ne sachions déjà. Il confirme un constat partagé : des progrès ont été accomplis, mais ils restent insuffisants. Oui, les concentrations de nitrates ont diminué dans plusieurs bassins-versants. Oui, des collectivités, des scientifiques, des associations et de nombreux agriculteurs se sont engagés avec détermination. Cependant, les marées vertes continuent de revenir chaque été sur notre littoral. Elles rappellent que les causes profondes du phénomène ne sont pas encore suffisamment traitées. Ce rapport a le mérite de reconnaître que les politiques menées produisent des résultats lorsqu’elles sont conduites avec constance. Toutefois, il souligne aussi que ces résultats demeurent fragiles et que seul un effort durable permettra d’atteindre les objectifs fixés. En d’autres termes, nous savons ce qu’il faut faire. Ce qui manque, ce n’est plus la connaissance, mais la volonté politique de remettre en cause un modèle agricole productiviste et industriel arrivé en bout de course. Or, nous continuons à consacrer des moyens considérables à traiter les conséquences plutôt qu’à prévenir les causes. Les collectivités investissent des millions d’euros pour rendre potable une eau que nous continuons à polluer. Elles financent également le ramassage des algues vertes, indispensable pour protéger les populations et les activités littorales. La Cour des comptes rejoint ainsi, sur bien des points, les préconisations formulées dès avril 2023 par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), la troisième Chambre de la République [après l’Assemblée nationale et le Sénat], dans son avis d’alerte sur l’eau : « Comment favoriser une gestion durable de l’eau (quantité, qualité, partage) face aux changements climatiques ». Cet avis a été approuvé, malgré l’opposition farouche de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), par plus de 77 % des membres du CESE, qui, rappelons-le, représentent l’ensemble de la société civile organisée du pays. Le gouvernement aurait dû s’en saisir, mais il a préféré l’enterrer. Il vous reste 62.37% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Algues vertes : « Ce qui manque, ce n’est plus la connaissance, mais la volonté politique de remettre en cause un modèle agricole productiviste »
TRIBUNE. Serge Le Quéau, corapporteur d’un avis du Conseil économique, social et environnemental sur la gestion de l’eau, déplore, dans une tribune au « Monde », que les pouvoirs publics préfèrent traiter les conséquences du phénomène plutôt que ses causes.






