Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Eau Eau Eau Chronique Stéphane Foucart Journaliste au « Monde » Le détricotage du droit de l’environnement ne consiste pas seulement à affaiblir les normes, il démantèle aussi, peu à peu, le cadre d’exercice de la démocratie locale, explique, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 05h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Comment réagiront les populations qui ne recevront plus d’eau potable à leur robinet ou dont l’accès à l’eau sera régulièrement interrompu ? Cette question n’est plus tout à fait théorique. L’été 2025, des arrêtés sécheresse ont été pris dans près de 95 % des départements et quelque 2 000 communes ont été privées d’eau courante. Non seulement un nombre croissant de territoires et de foyers sont concernés, mais les textes réglementaires et législatifs adoptés depuis deux à trois ans – ainsi que d’autres en cours d’examen – construisent avec constance, pièce par pièce, les conditions d’une dégradation inéluctable de la disponibilité et de la qualité de l’eau. Sur cette question, le détricotage du droit de l’environnement ne consiste pas seulement à affaiblir les normes, il démantèle aussi, peu à peu, le cadre d’exercice de la démocratie locale en ôtant à la société civile et aux collectivités le peu de moyens légaux dont elles disposent pour ralentir ou entraver un désastre déjà bien engagé. Le projet de loi d’urgence agricole, adopté le 2 juin par l’Assemblée nationale, est à cet égard emblématique. Il prévoit par exemple de modifier la composition des commissions locales de l’eau, ces petits parlements chargés de décider de la gestion, des usages et de la protection des ressources hydriques à l’échelle des territoires. L’équilibre des forces y serait rompu, réduisant le poids des collectivités au profit de l’Etat et des usagers (au nombre desquels les agriculteurs et les industriels). Il vous reste 74.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.