Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Yann Legendre Débats Débats Débats Santé-environnement Santé-environnement Santé-environnement Propos recueillis par Nicolas Truong Publié aujourd’hui à 06h30, modifié à 10h22 Article réservé aux abonnés EntretienDans un court essai, le philosophe et le juriste estiment que le droit de l’environnement plie souvent devant d’autres traditions juridiques plus solidement fondées. Ils proposent d’appeler « habitabilité » la valeur que ce droit est appelé à protéger, expliquent-ils dans un entretien au « Monde ». Novatrice, la proposition du philosophe Baptiste Morizot, maître de conférences à Aix-Marseille Université, et du juriste Laurent Neyret, professeur de droit à Sciences Po, vise à inscrire dans le droit l’« habitabilité », soit la valeur nécessaire pour protéger la vie. Les coauteurs en font un principe primordial, car il garantit les conditions d’existence de l’humanité et de tous les vivants. Le droit de l’environnement est utile, mais il demeure technique et réglementaire, remarquent-ils dans Liberté, dignité, habitabilité (Gallimard, « Tracts », 64 pages, 4,90 euros). Le terme « environnement » est d’abord conceptuellement biaisé puisqu’il désigne un décor dans lequel les humains se meuvent sans prendre en compte leur interdépendance avec leur milieu de vie. Surtout, insistent Baptiste Morizot et Laurent Neyret, ce droit n’a jamais proclamé sa « valeur cardinale », à la manière dont les droits de l’homme ont consacré la liberté, l’égalité ou la dignité. Ce qu’ils défendent dans leur bref et vif essai, « un petit tract pour un long siècle », selon leurs termes : « La dignité a nommé ce qu’on ne doit jamais faire à un humain, le principe habitabilité nomme ce qu’on ne doit jamais faire à un monde », écrivent-ils. En 1945, le procès de Nuremberg, qui jugea une partie des criminels nazis, s’est fait au nom du refus de la normalisation de la barbarie et de la condamnation des crimes commis contre l’humanité. Que voulez-vous dire lorsque, dans votre ouvrage, vous souhaitez « rejouer le moment Nuremberg pour l’habitabilité » ? Il vous reste 85.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.