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EntretienLa spécialiste du droit privé explique, dans un entretien au « Monde », comment l’interdiction d’accès à de vastes terres et forêts, au XVIIIᵉ siècle, a privé les plus fragiles de ressources et ouvert la voie à l’agriculture productiviste et à la révolution industrielle. Elle appelle à expérimenter d’autres formes de vie sociale et de relation au vivant.

Enseignante et chercheuse à la faculté de droit de l’université Côte d’Azur, Sarah Vanuxem s’intéresse aux communs fonciers, ces terres dont les droits d’usage sont partagés par une communauté ou les habitants d’un village. Dans La Tragédie des enclosures (coécrit avec Antoine Constantin Caille, Les Liens qui libèrent, 272 pages, 23,80 euros), elle nous entraîne sur les traces du poète-paysan John Clare, témoin direct du mouvement des enclosures dans son village en Angleterre au XVIIIe siècle, un vaste processus de réorganisation de la propriété foncière, qui marque un tournant dans l’histoire de la propriété, mais aussi dans celle de notre relation au vivant.

John Clare (1793-1864) est un poète considéré comme un des grands auteurs romantiques anglais, né dans le petit village de Helpston, au nord de Londres, à la fin du XVIIIe siècle. Fils d’un journalier agricole dans une famille extrêmement modeste, il travaille dans les champs mais il est aussi passionné de lecture, et décrit dans des poèmes ses vagabondages sur les terres de son village et la richesse de la biodiversité de l’époque.