Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Eau Eau Eau Analyse Léa Sanchez Journaliste au service Planète Alors que la gestion de l’eau est une question complexe, qui recouvre des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, la politique gouvernementale en matière hydrique se focalise sur le domaine agricole. Publié aujourd’hui à 06h37, modifié à 11h58 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Les inondations du début de l’année apparaissent comme un lointain souvenir. Alors que l’été commence, les sols sont assoiffés et les rivières se tarissent. Quant aux nappes souterraines, leurs niveaux disparates et leurs tendances à la baisse préfigurent une saison difficile dans plusieurs départements. C’est un avant-goût de ce qui attend la France, alors que la crise climatique bouleverse le cycle hydrologique. La moindre disponibilité de l’eau douce, notamment l’été, affecte tout le monde : écosystèmes aquatiques, irrigants, industriels, collectivités et leurs habitants… Pourtant, la politique gouvernementale en matière hydrique se focalise sur le domaine agricole. Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole se concentre sur la « sécurisation » des apports en eau de la profession. Le texte, examiné par le Sénat à partir de lundi 29 juin, après son adoption en première lecture par l’Assemblée nationale, a été considérablement étoffé de mesures de dérégulation supplémentaires par la commission des affaires économiques du Palais du Luxembourg. Son adoption pourrait, entre autres, affaiblir les processus de concertation locaux en matière de gestion de l’eau. De nombreux chercheurs, hydrologues, collectivités et associations alertent sur des reculs majeurs, à la fois environnementaux et démocratiques. Les représentants des industriels s’inquiètent, de leur côté, des répercussions sur leur propre activité, comme en témoigne une note du Medef, dont une version a été rendue publique, jeudi 25 juin, par le média Contexte. Dans ce document, l’organisation patronale déplore ne pas avoir été « associée » à un texte qui fait « évoluer en profondeur les règles de gouvernance de la politique de l’eau et la répartition des usages ». Multiples pollutions L’eau est une question complexe, qui recouvre des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Segmenter le débat en ne discutant de ce patrimoine commun que par le prisme d’une catégorie d’acteurs – le monde agricole, en particulier celui qui pratique l’irrigation et représente 7 % de la surface agricole utile – exacerbe les tensions. Il serait préférable d’ouvrir une réflexion démocratique plus vaste quant à la gestion de l’eau, à son partage et à sa préservation. D’autant que les écoulements de nos rivières et de nos nappes sont de plus en plus convoités, et subissent de multiples pollutions non seulement agricoles, mais aussi industrielles. Il vous reste 58.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
L’eau, élément vital, mérite un débat global
ANALYSE. Alors que la gestion de l’eau est une question complexe, qui recouvre des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, la politique gouvernementale en matière hydrique se focalise sur le domaine agricole.








