Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Un parfum d’été L’épisode 6 sera disponible prochainement. Un parfum d’été L’épisode 6 sera disponible prochainement. « Un parfum d’été » (5/6). Certaines fleurs évoquent immédiatement les vacances et leurs odeurs. Elles sont des classiques de la parfumerie. Cette semaine, le champion des plantes aromatiques. A peine froissée entre les doigts, la feuille de basilic exhale un souffle vert, éclatant de fraîcheur. Sa sève juteuse se mêle à des nuances anisées, poivrées et légèrement citronnées qui éveillent aussitôt les sens. Il suffit de fermer les yeux pour voir apparaître les étals colorés d’un marché ou un potager dans la chaleur d’un après-midi d’été. Longtemps associé à la cuisine méditerranéenne, le basilic a pourtant fini par trouver sa place dans la palette des parfumeurs, au début du XXe siècle. C’est précisément cette familiarité qui les a séduits. En quête d’authenticité, les nez y ont trouvé bien plus qu’une simple note aromatique. Avec son parfum immédiatement reconnaissable, le basilic fait surgir des souvenirs de tomates gorgées de soleil et de repas partagés entre amis ou en famille. Des images toutes simples qui donnent à cette plante herbacée une force évocatrice unique. Cultivé en Egypte, en Inde, au Vietnam, à Madagascar ou encore dans la Drôme provençale, le basilic (Ocimum basilicum) est récolté entre juin et septembre, juste avant la floraison. Quelques heures seulement après la cueillette, les parties aériennes sont distillées à la vapeur d’eau afin d’obtenir une huile essentielle dont les facettes olfactives diffèrent selon le cultivar. Peu à peu affranchi des genres Parmi les plus de 150 variétés de basilic recensées, seules deux sont appréciées en parfumerie. « Le basilic grand vert développe une fraîcheur anisée, presque réglissée, tandis que le basilic pourpre se révèle plus épicé, avec des nuances de girofle et de cannelle », explique Christine Nagel, nez des parfums Hermès. Longtemps réservé aux fragrances masculines pour son caractère aromatique, le basilic s’est peu à peu affranchi des genres. Dans l’Eau de campagne, de Sisley, il compose une ambiance végétale d’un réalisme saisissant. Dès les premières notes, ce jus restitue l’atmosphère d’un jardin tout juste tondu où flotte encore l’odeur de l’herbe coupée. L’air se charge d’une tonalité verte et humide, tandis que les tiges écrasées libèrent une sève végétale vive, presque croquante, comme si la nature venait d’être réveillée. Avec Mandarine Basilic, Guerlain associe l’herbe aromatique aux agrumes pour amplifier leur éclat, comme une feuille verdoyante qui vient relever un fruit mûr. Christine Nagel lui offre enfin le premier rôle dans l’Eau de basilic pourpre, d’Hermès. En choisissant cette variété aux accents épicés, elle démontre que le basilic peut devenir bien plus qu’une simple note de tête : il devient le cœur de la composition et invente une fraîcheur qui dure, le rêve absolu du parfumeur. Lionel Paillès
Le basilic, un diamant vert aux éclats de fraîcheur
« Un parfum d’été » (5/6). Certaines fleurs évoquent immédiatement les vacances et leurs odeurs. Elles sont des classiques de la parfumerie. Cette semaine, le champion des plantes aromatiques.






