Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Argent & Placements Argent & Placements Argent & Placements Locations saisonnières Locations saisonnières Locations saisonnières Chronique Rafaële Rivais La propriétaire du Airbnb avait omis d’indiquer à sa locataire que l’immeuble était en ravalement. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 1 min. Article réservé aux abonnés La « dissimulation intentionnelle » par un contractant d’une information dont il sait qu’elle est déterminante pour l’autre constitue un « dol », dit le code civil (article 1137). En vertu de ce principe, une hôtesse de Airbnb ne peut omettre de dire à ses invités en quête de repos que son meublé sera en plein chantier durant leur séjour. C’est ce que rappelle l’affaire suivante. En février 2025, M. et Mme X décident de revenir, pendant les grandes vacances, dans la résidence en bord de mer où ils ont déjà passé l’été 2024. Ils louent l’appartement de Mme Y du 15 juillet au 24 août, moyennant la somme de 10 100 euros. Las, M. X décède le 4 mai 2025, et Mme X arrive seule le 15 juillet. Elle repart aussitôt. Le lendemain, son avocat notifie à Mme Y la résolution unilatérale du contrat de location, comme le permet l’article 1226 du code civil, en cas d’inexécution grave. Il indique que l’immeuble fait l’objet d’un ravalement de façade dont Mme X n’était pas informée. Or, le chantier cause des nuisances sonores, et l’échafaudage obscurcit l’appartement. Mme Y s’oppose à cette résolution, au motif que seule la façade arrière du bâtiment est obstruée, ce qui ne perturbe pas la vue sur mer. Vue sur mer Mme X l’assigne devant le tribunal judiciaire de Lisieux (Calvados), en invoquant l’article 1137 du code civil. Elle fait valoir que l’absence de travaux était une condition déterminante de son consentement, et soutient que l’omission de Mme Y a constitué un dol. Le 30 avril 2026, le tribunal relève que « quand bien même cet échafaudage était cantonné à la façade arrière du bâtiment », il causait « une perte majeure de luminosité dans les pièces ». De plus, l’échafaudage, « facilitant l’escalade, [était] de nature à favoriser les effractions ». Enfin, comme l’indiquent deux commentaires postés sur le site Airbnb, « le chantier était actif, ce qui était une source de nuisances notamment sonores ». Le tribunal estime que « de telles perturbations de jouissance ont nécessairement une importance déterminante [pour le] consentement du locataire, s’agissant d’une location de vacances devant donc se prêter à la sérénité et au repos ». Il vous reste 22.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Quand la location de vacances fait l’objet de travaux
CHRONIQUE. La propriétaire du Airbnb avait omis d’indiquer à sa locataire que l’immeuble était en ravalement.






