Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Histoire Histoire Histoire Tribune François Godicheau Pierre Salmon Mercedes Yusta Quatre-vingt-dix ans après la guerre entre républicains et nationalistes, les historiens François Godicheau, Pierre Salmon et Mercedes Yusta estiment, dans une tribune au « Monde », qu’elle fait encore figure de totem mémoriel. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La guerre d’Espagne, dont l’insurrection militaire des 17 et 18 juillet 1936 a marqué le déclenchement, est souvent vue par le petit bout de la lorgnette. En France, elle est réduite à un conflit périphérique, perçu à travers l’histoire du Front populaire et des interventions étrangères. Elle est devenue un conflit prétexte, un réservoir d’images et de récits servant des identités politiques de droite ou de gauche, au point de faire de l’Espagne un simple décor. Des décennies de récits nous ont présenté la République espagnole du Frente Popular confrontée aux insurgés militaires – bientôt « franquistes » – qui mènent le putsch de juillet 1936. En France, où l’événement a polarisé le champ politique, les traditions partisanes associent ce conflit au Front populaire et à des interrogations interminables sur le rôle de tel ou tel dirigeant, Léon Blum [président du Conseil de juin 1936 à juin 1937] étant particulièrement convoqué. Le dirigeant socialiste a-t-il trahi la République espagnole et abandonné la solidarité antifasciste en faisant le choix de la non-intervention, comme le lui reprochaient les communistes ? Cependant, cette politique a été « relâchée » afin de laisser transiter des armes et du matériel à destination de l’Espagne républicaine. D’autres diront que ce relâchement, ponctuel et tardif, pouvait « sauver l’honneur », au mépris des faits et des déclarations de Léon Blum lui-même. Mythes partisans Ce genre de débat illustre à quel point la guerre d’Espagne sert de totem mémoriel. Des éléments de cette histoire, communément tirés de représentations d’anciens militants, dirigeants ou hauts fonctionnaires, sont rapportés à nos enjeux nationaux et souvent abordés sous un angle moral. En plusieurs dizaines d’années, pourtant, les recherches ont profondément renouvelé notre connaissance des faits. Elles ont déconstruit depuis longtemps l’image d’un pays « arriéré » et situé à la marge de l’Europe. Elles permettent de restituer la complexité d’un conflit qui fut déterminant pour l’Europe et d’observer le processus d’assassinat d’une démocratie. En cela, cette période reste éclairante pour aujourd’hui. Il vous reste 70.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La guerre d’Espagne déclenchée en 1936 a permis d’observer le processus d’assassinat d’une démocratie, et reste éclairante aujourd’hui »
TRIBUNE. Quatre-vingt-dix ans après la guerre entre républicains et nationalistes, les historiens François Godicheau, Pierre Salmon et Mercedes Yusta estiment, dans une tribune au « Monde », qu’elle fait encore figure de totem mémoriel.














