Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde des livres Le Monde des livres Le Monde des livres Romans étrangers Romans étrangers Romans étrangers En novembre 1939, les nationalistes espagnols mettent en scène leur victoire avec la procession funèbre du fondateur de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera, tandis que la répression fait rage. Un roman sidérant. Article réservé aux abonnés « Présents » (Presentes), de Paco Cerda, traduit de l’espagnol par Cécile Pilgram, Gallimard, « Du monde entier », 384 p., 24 €, numérique 17 €. Du 20 au 30 novembre 1939, le régime nationaliste victorieux dans la guerre d’Espagne organise une procession funèbre longue de 467 kilomètres, d’Alicante, dans le Sud-Est, à l’Escurial, près de Madrid. Le but est de transférer, sans jamais le poser à terre, le cercueil de José Antonio Primo de Rivera (1903-1936), fondateur de la Phalange, un mouvement fasciste, antisémite à l’occasion, dont le franquisme naissant revendique l’héritage. Cette mise en scène, destinée à ancrer dans un pays dévasté, où sévissait une répression sanguinaire, le triomphe franquiste, a sidéré l’écrivain, journaliste et éditeur espagnol Paco Cerda. Après avoir visionné les dix-huit minutes d’un film de propagande sur cet événement un peu oublié, il a décidé d’en faire un de ses « romans sans fiction » en le titrant ironiquement du slogan phalangiste : Présents. Même si beaucoup d’historiens se sont intéressés de près à la théâtralité totalitaire, qui cherchait à faire passer dans la réalité le rêve d’éternité nourri par des régimes dont la puissance n’aura été qu’un épisode meurtrier de l’histoire, rarement cette dramaturgie aura été aussi bien décrite ou pensée. En effet, Paco Cerda, s’aidant d’une documentation et d’une bibliographie fournies, détaille chaque étape de cette marche visant à transformer en Christ fasciste le jeune aristocrate, avocat et poète à ses heures (il est l’auteur de l’hymne du mouvement, Cara al sol – « face au soleil »). Surpris en prison par le déclenchement du coup d’Etat des militaires, le 17 juillet 1936, José Antonio Primo de Rivera était tombé sous les balles républicaines dès le 20 novembre de la même année. Il n’avait rencontré Franco (1892-1975) qu’une seule fois, lors d’une entrevue houleuse, et, après avoir applaudi la révolte de l’armée, avait prôné la fin des combats, une amnistie générale et la formation d’un gouvernement d’union nationale… Cela n’empêcha pas les nationalistes d’en faire un martyr. L’observation minutieuse de la fabrication d’un mythe constitue le grand apport de ce roman historique. Il vous reste 53.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Avec « Présents », l’écrivain espagnol Paco Cerda rappelle les débuts du franquisme, en 1939, sous le signe de la mort
En novembre 1939, les nationalistes espagnols mettent en scène leur victoire avec la procession funèbre du fondateur de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera, tandis que la répression fait rage. Un roman sidérant.







