L’association BioSense EPFL, composée d’étudiantes et étudiants, travaille sur un biocapteur pour mesurer en continu la concentration de la lévodopa chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Elle dévoilera son prototype ce jeudi 25 juin à l'occasion d'un symposium au SPOT.« La bonne dose au bon moment ». Tel est cette année le mot d’ordre de l’équipe compétition de BioSense EPFL, une association interdisciplinaire qui rassemble une cinquantaine d’étudiantes et étudiants. Dans le cadre de la compétition internationale SensUs, qui se déroulera du 24 au 28 août à l’Université technique d’Eindhoven, une douzaine d’entre eux travaillent à l’élaboration d’un biocapteur pour améliorer le quotidien des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Une des maladies neurodégénératives les plus répandues au monde.Leur objectif ? Mesurer en continu chez les personnes atteintes de la maladie la concentration de lévodopa dans le liquide interstitiel, le fluide se trouvant dans les tissus, entre les cellules. Principal médicament prescrit pour gérer les symptômes de la maladie de Parkinson, la lévodopa est très efficace, mais au fil du temps il devient difficile de la doser. « Si la dose est trop faible, elle est inefficace et si elle est trop forte cela entraîne une dyskinésie, soit des mouvements incontrôlés. Mais actuellement, il n’y a aucun moyen de contrôler en continu la concentration de ce médicament » relève Alixe Kirbihler, étudiante en ingénierie des sciences du vivant et coresponsable de l’équipe compétition avec Niel Mistry, étudiant en robotique. Un problème, puisque le dosage diffère pour chaque patient et est dépendant de nombreuses variables, comme l’alimentation ou encore l’activité physique.Oser innoverPour élaborer un biocapteur qui répond à un maximum de besoins, l’équipe de BioSense EPFL collabore avec des personnes atteintes de la maladie et des médecins. Soutenue par le programme MAKE et plusieurs laboratoires de l’EPFL, elle peut aussi compter sur deux sponsors principaux, l’Association Défi Parkinson et Parkinson Move. « Nous testons l’usage d’un aptamère, un brin d’ADN synthétisé et conçu pour se lier à la molécule lévodopa. Lorsqu’il capte cette molécule, il change de forme, se charge négativement et fait varier le courant de l’électrode », détaille Niel Mistry. L’approche est novatrice et forcément « risquée », comme le souligne l’équipe. Mais ses membres sont prêts à y consacrer leur été.(De gauche à droite) Niel Mistry, Silvia Bonati, Tran Nguyen, Sascha Rivera, Alixe Kirbihler et Lucia Zedgitt © 2026 EPFL/Alain HerzogLes heures, les étudiantes et étudiants de BioSense EPFL ont de toute façon arrêté de les compter, car la compétition SensUs n’est pas le seul projet dans lequel ils s’impliquent. « C’est important pour nous de donner de la visibilité à la bioingénierie et de partager les connaissances dans ce domaine », souligne Tran Nguyen, étudiante en ingénierie des sciences du vivant et présidente de l’association.Ainsi, sous l’égide de Silvia Bonati et Lucia Zedgitt, étudiantes en ingénierie des sciences du vivant, l’association vient d’organiser les « BioSensing Days », deux jours de conférences et de tables rondes dédiés à la biodétection, avec des chercheuses et chercheurs et des entreprises. Cette année, BioSense EPFL a aussi créé un pôle Recherche et Développement (R&D). « Nous testons actuellement la production d’électricité à partir du glucose pour alimenter des biocapteurs, et nous étudions la possibilité de développer un capteur pour détecter l’endométriose, se réjouit Sascha Rivera, étudiant en science et ingénierie quantiques et responsable de ce nouveau pôle. J’ai beaucoup de plaisir, l’état d’esprit de BioSense EPFL est aligné avec mes valeurs. On a toutes et tous envie d’utiliser nos compétences pour aider des personnes à aller mieux. » Le but est d’agir là où cela fait sens. « La bonne dose au bon moment ».L'équipe de BioSense souhaite remercier: Association Défi Parkinson, Parkinson Move, Prof. Hatice Altug and Jiayi Tan (BIOS), Dr. Anne-Laure Mahul Mellier (D’Angelo Lab), Prof. Nako Nakatsuka, Alexandra Banbanaste, Lianxin Xu, Sandra Hernández Escobar, Dr. Emily Schafer and Dr. Minh Dat Nguyen (CHEMINA), Prof. Sandro Carrara, Francesca Rodino and Roberta Grasso (BCI), Dr. Christophe Galland (LQNO), Prof. Yves Bellouard (Galatea Lab), Prof. Edoardo Charbon (AQUA), Catherine Edelmann Esseiva et EPFL MAKE.