Au fil de l’eau, entre prairies et Ancien Régime, nos journalistes continuent leur boucle de 350 km autour de la petite couronne. Pour cette quatrième étape , une vraie ruée vers l’Orge. Le cours de l’Orge, affluent de la Seine, traverse plusieurs communes de l’Essonne, dont Juvisy-sur-Orge. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Par Jean-Baptiste Duchenne Publié le 20 juin 2026 à 09h00 Connaissez-vous l’Orge ? Non pas la céréale ou le sucre, mais la rivière. Aimable et ombragée, notre randonnée emprunte en grande partie un sentier parallèle à cet affluent de la Seine. Malgré l’atmosphère apaisée qui règne en ce début de matinée à Épinay-sur-Orge (Essonne), j’apprends qu’une sourde menace plane sur les berges du cours d’eau au calme trompeur. La coupable ? La renouée du Japon, une plante dont l’introduction en France remonterait à la Première Guerre mondiale, quand la cavalerie britannique la cultivait à tout-va pour nourrir ses chevaux. Pratique, car le végétal pousse de 4 à 8 centimètres par jour ! Revers de la médaille, ses tiges striées de rouge sécrètent une toxine mortelle pour les plantes voisines. Quant à celles qui résistent au poison, elles sont ensuite privées de lumière, du fait de la croissance quasi tropicale de l’envahisseuse ! Vers Épinay-sur-Orge, ce sentier se ramifie et zigzague autour d’un étang bordé de grands arbres. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Après une vingtaine de minutes de marche, le paysage s’ouvre sur une prairie tachetée de pâquerettes et de pissenlits. Me voici dans le parc du château de Morsang-sur-Orge, où le sentier se ramifie et zigzague autour d’un étang bordé de grands arbres, dont un platane formé de cinq troncs ! Le château, qui abrite la médiathèque et le conservatoire de la commune, fut la demeure de Pierre Durey d’Harnoncourt (1682-1765), fermier général chargé du prélèvement des taxes aux portes de Paris. Certains de ses descendants seront massacrés pendant la Révolution. Deux siècles plus tard, en des temps moins agités, le château aurait inspiré à Gaston Leroux (1868-1927) l’intrigue de son roman policier Le Mystère de la chambre jaune. Le Chateau de Morsang-sur-Orge. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris En chemin, je me rends au siège de la Maison de l’environnement, au jardin de l’Orangerie. Cet espace pédagogique est agrémenté d’une fontaine de style rocaille et d’un rucher que l’on peut tranquillement observer, à l’abri de vitres. N’hésitez pas à pousser les portes du bâtiment en meulière percé de vastes baies vitrées. Classé monument historique, il renferme une petite exposition sur les abeilles et une épatante bibliothèque naturaliste. Le siège de la Maison de l’environnement, classé monument historique, abrite un espace pédagogique. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Je retrouve le cours de l’Orge après un saut de puce le long de l’inhospitalière rue de Savigny. Puis le sentier se poursuit entre la rivière et une longue bande de terre occupée par des dizaines de jardins familiaux. Plus loin, à Juvisy-sur-Orge, je passe sous les sept arches qui soutenaient le pont des Belles-Fontaines, érigé entre 1724 et 1728, sous Louis XV. L’ouvrage, dont le tablier a disparu lors des travaux d’agrandissement de la nationale 7 dans les années 1970, comportait deux fontaines qui durent être déplacées et furent remisées dans le parc Ducastel, à deux pas de la mairie. Cet espace vert jouxte le jardin des Grottes, où s’élève un autre témoin de l’Ancien Régime, un mur de soutènement en forme de fer à cheval, œuvre de l’architecte, théoricien, diplomate — et, dit-on, espion pour le compte de Louis XIV — François Blondel (1618-1686). Le jardin des Grottes à Juvisy-sur-Orge. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Dans le jardin des Grottes, se dresse un mur de soutènement créé par l’architecte François Blondel, au XVIIe siècle. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Je descends quelques dizaines de marches pour saluer l’Orge, alors sur le point de disparaître dans la Seine. Je franchis celle-ci sur le pont de la Première-Armée-Française, et pose le pied à Draveil. Rive droite, changement de décor : le sentier longe des villas cadenassées contre les cambriolages, d’anciennes sablières remplies d’arbres morts, et un camping. Le parcours de cette dernière partie se révèle un tantinet tristounet. Ceux qui n’aiment pas prendront le train dès Juvisy-sur-Orge ! Avantffrandonnee-idf.fr/randonner/itinéraires/gr-ceinture-verteY allerDépart de la rando : gare d’Épinay-sur-Orge (91), RER C. Arrivée : gare de Ris-Orangis (91) RER D, ou Juvisy-sur-Orge, RER C et D (version courte).15 km 3h45.VisiterLa Maison de l’environnement, le jardin de l’Orangerie, le parc du château, 91 Morsang-sur-Orge. 01 78 84 03 46. Lun.-ven. 10h-12h, 14h-18h. Ouv. exceptionnelle le 27 juin (14h-16h).MangerCafé de l’Horloge, 37, Grande-Rue, 91 Juvisy-sur-Orge. 01 69 21 14 05. Lun.-sam. midi et soir. Les classiques du snack et du bistrot dans une carte longue comme le bras. Plats à partir de 6,50 €. À lire aussi : La Ceinture verte d’Île-de-France à pied : c’est parti ! Première étape, de Vaucresson à Petit-Jouy – Les Loges À lire aussi : La Ceinture verte d’Île-de-France à pied : deuxième étape, de Petit-Jouy–Les Loges à Palaiseau-Villebon À lire aussi : La Ceinture verte d’Île-de-France à pied : troisième étape, de Palaiseau-Villebon à Épinay-sur-Orge Restos & Loisirs Paris Balades Grand Paris Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus