Nos journalistes poursuivent leurboucle de 350 km aux limites de la petite couronne. Cette semaine, sur le plateau de Saclay, champs et églises côtoient AgroParisTech. Une étape sous le signe des oiseaux, nombreux dans les vallées des alentours ! Sur le GR de Pays de la Ceinture verte, un pigeonnier fait face à l'Abbaye de Vauhallan. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Par Jean-Baptiste Duchenne Publié le 06 juin 2026 à 08h30 Ma consœur Anne-Laure a démarré ce GR de pays de la Ceinture verte au milieu des forêts ; ma première étape traverse le plateau de Saclay, vaste plaine agricole fertile. À la sortie de la gare de Petit-Jouy–Les Loges, des cris me font lever les yeux : cinq faucons crécerelles tournoient dans le ciel ensoleillé. Un bon présage avant de prendre la route, peut-être. Arrivé à la maison forestière de la porte du Petit-Jouy — autrefois au nombre de vingt-quatre, ces pavillons délimitèrent, à partir de 1684, le domaine royal de Versailles —, je tourne à gauche et emprunte un sentier qui tournicote à travers les coteaux de la Bièvre, jusqu’à l’église Saint-Eustache, dans le village des Loges-en-Josas. La Ceinture verte d’Île-de-France à pied Première étape, de Vaucresson à Petit-Jouy – Les Loges Le monument du XVIIIᵉ siècle, en pierre meulière, apparaît dans S.O.S Météores, le septième album de Blake et Mortimer (E. P. Jacobs, 1959). Je retrouve un peu de cette ambiance de BD sur les magnifiques vitraux de l’église, créés en 1985 par les maîtres verriers Annie et Patrick Confetti. Les motifs des deux verrières du portail, notamment, résument le destin agricole puis industriel et scientifique du plateau de Saclay : au-dessus d’une moissonneuse-batteuse, on devine un microscope, des circuits électroniques, un ordinateur et une fusée… Une iconographie proche du réalisme socialiste, plutôt inhabituelle dans une église ! En chemin à travers les coteaux de la Bièvre, on admire les vitraux contemporains de l’église Saint-Eustache de Loges-en-Josas. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Encore dix minutes de marche, et je laisse à ma gauche l’ancien château des Côtes, de style néogothique, aujourd’hui un hôpital pédiatrique. Il fut, jusque dans les années 1950, propriété de descendants de Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815), l’inventeur de la toile de Jouy, dont les manufactures s’élevaient le long de la Bièvre. Mais voici que les arbres se font plus rares et que les alouettes au-dessus des champs ont appuyé sur la touche « play ». Devant moi, un faisan criaille, manière de signifier probablement sa satisfaction d’avoir échappé aux chasseurs. La balade plonge ensuite vers les étangs artificiels du parc de Montbron, un chapelet d’ouvrages hydrauliques destinés au transport de l’eau jusqu’aux fontaines de Versailles dès le XVIIe siècle. Le réseau, composé aussi de rigoles et de viaducs, vint au secours de la machine de Marly, imposant dispositif de pompage des eaux de la Seine, mais incapable de hisser assez de liquide jusqu’au palais du Roi-Soleil. L’un des étangs artificiels du parc de Montbron, destinés au transport de l’eau jusqu’aux fontaines de Versailles dès le XVIIe siècle. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Entre l’étang d’Orsigny et la ferme du même nom, le paysage se fait franchement bucolique : garennes, pâturages, vaches laitières. Paris semble loin ! D’ailleurs, jamais l’application Merlin, installée sur mon smartphone pour identifier les oiseaux par leurs chants, n’avait repéré autant d’espèces : j’arrive à entrevoir mésange, rouge-gorge et sansonnet, mais hélas ont déserté le chardonneret élégant, la fauvette, le pouillot véloce et le roitelet huppé, le plus menu des oiseaux d’Europe. Au loin, un nouveau paysage francilien apparaît au-dessus de l’horizon, que soulignent le viaduc de la ligne 18 du Grand Paris Express et le toit en accordéon de la future station Christ-de-Saclay, nommée ainsi en référence à un calvaire des environs, dont l’ouverture est prévue en octobre [sous réserve, ndlr]. S’amuser à sortir des sentiers battus, entre la ferme d'Orsigny et la station de métro Christ-de-Saclay (ligne 18 du Grand Paris Express). Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Puis le sentier pénètre dans le village de Vauhallan, sans doute le passage le plus champêtre de cette randonnée, grâce à son couvent, son pigeonnier et ses vignes récemment replantées. Les plus courageux pousseront jusqu’au campus scientifique, où Polytechnique côtoie Normal Sup, AgroParisTech ou le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Quant à moi, je poursuis mon chemin en admirant au passage de magnifiques échassiers, dont une grande aigrette qui s’envole en direction du sud-ouest. J’envie ses grandes ailes, tandis que mes pieds (lourds) me ramènent à ma condition de modeste randonneur. Mais me voilà arrivé dans la vallée de l’Yvette et à la gare de Palaiseau, non loin de Massy, où, à l’inverse de Renaud, je ne danserai pas le tango. Au cœur du passage le plus champêtre de cette randonnée apparaît l’abbaye de Vauhallan. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Avant le péripleConsulter : ffrandonnee-idf.fr/randonner/itinéraires/gr-ceinture-verteY allerDépart de la rando : gare de Petit-Jouy–Les Loges (78), ligne V. Arrivée : gare de Palaiseau-Villebon (91), RER B. 22,5 km. 5h45.MangerL’Échappée Mel, 7, place du Gal-Leclerc, 91 Vauhallan. Cuisine de bistrot. Fermé lundi et dimanche. Plat à partir de 18 €. Réservation conseillée : 01 69 41 08 07. Restos & Loisirs Restos Paris Randonnées Balades Grand Paris Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
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