Tout l’été, nos journalistes arpentent une boucle de 350 km autour de la petite couronne. Au programme de la septième étape, pas moins de six forêts ! La maison Révillon à Boissy-Saint-Léger, du nom d’un magnat de la fourrure. Aujourd’hui, c’est le siège régional de la Douane. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Par Anne-Laure Lemancel Publié le 11 juillet 2026 à 09h00 L‘étape 7, au cœur du plateau briard, traverse pas moins de six forêts. À ce point de notre périple, je deviens un peu spécialisée, et mon œil, mieux aiguisé, distingue désormais davantage les singularités de chacun de ces espaces naturels : leurs mares, clairières, arbres monuments ; leurs tapis de fougères, de boutons d’or ; leurs cabanes… Ce chemin de 22 kilomètres révèle pourtant un savant entremêlement de poumons verts et de tissu urbain jamais très loin. Ainsi, dès ma sortie de la gare de Boissy-Saint-Léger, je traverse un gros morceau de ville, avant d’atterrir aux pieds de la villageoise église Saint-Léger, avec sa rue bucolique bordée de demeures cossues : une maison bourgeoise, ex-ferme du XVIIᵉ, propriété d’un riche marchand, devenue en 1900 la maison du curé ; ou la maison Révillon (1866), résidence d’été d’un magnat de la fourrure, actuel siège de la direction interrégionale des Douanes d’Île-de-France. Le portail du château du Pilpe. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Bientôt, je plonge dans une partie de l’enchanteur bois du Piple (110 hectares), l’une des dernières forêts privées du Val-de-Marne, ouverte au public au printemps 2026. Si j’y retrouve mes amis les oiseaux, en contrebas s’étale un océan de béton. Face à moi ? Cette splendeur, le château du Piple, dont l’état actuel date de 1850, ex-demeure d’un espion de Napoléon. Après avoir franchi une zone pavillonnaire, je distingue, au bord d’une grand-route, un troupeau de biches ! Qui détalent, hélas, à mon approche ! Une harde près du bois du Piple. Même farouches, les animaux sont visibles pour ceux qui arrivent à les surprendre. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Dans la forêt de Grosbois, à Émerainville, une route inusitée file tout droit. Sur ses bas-côtés, des racines font éclater l’asphalte. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Sous la bénédiction du coucou, j’arpente, dans la forêt de Grosbois, une route inusitée qui file tout droit. Partout, de robustes racines font éclater l’asphalte. Puis voici la forêt domaniale de Notre-Dame (2 200 ha), ex-rempart médiéval face à l’ennemi, pour protéger les châteaux. Ici, des chênes sublimes abritent quelque trois cents mares, où batraciens et salamandres s’en donnent à cœur joie. Comme dans ces douves recouvertes de lentilles d’eau, qui encerclent le château des Marmousets, étonnante demeure du XVIIIᵉ, avec pilastres et colonnes. Le lavoir de la Queue en Brie est alimenté par les eaux du Morbras. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Après un autre passage sylvestre, me voici dans cette bourgade dont le nom sonne comme un petit bout du monde : La Queue-en-Brie. Là même où Victor Hugo envoya l’un des personnages de Notre-Dame de Paris, le capitaine Phœbus, panser ses blessures. Un lieu idéal, en effet, pour se ressourcer : le long de la petite rivière qui coule (le Morbras), avec son lavoir, ses petits ponts tapis dans les sous-bois, son ancienne fontaine. Autant de paysages campagnards, immortalisés par le peintre, industriel et ex-maire de la ville, Henri Rouart (1833-1912), mécène des impressionnistes et ami de Degas et Monet. Le domaine des Marmousets. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Les abords du Château des Marmousets, à Émerainville. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Au bois du Plessis-Saint-Antoine, de larges chemins s’élancent le long d’habitations. À un carrefour, une plaque nous indique notre position, aux confluences de trois villes (Noisy-le-Grand, Le Plessis-Trévise et Pontault-Combault) et de trois départements (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Seine-et-Marne). Après avoir croisé, au bois de Célie, des ornithologues amateurs qui m’indiquent la présence de rouges-gorges, de pics épeiches et de gros-becs casse-noyaux, je tombe sur un photographe animalier qui me dévoile toutes ses prises de l’année : chevreuils, libellules, sansonnets, papillons flambés, grèbes huppés. Tandis que je me dirige vers la gare, lui s’enfonce dans le bois Saint-Martin, havre de biodiversité ouvert en 2021. Peut-être y trouvera-t-il Jean-Baptiste, qui prendra mon relais dans le prochain numéro et vous parlera de son coup de foudre pour cette merveilleuse forêt ! AvantConsulter une carte. Y allerDépart de la rando : gare de Boissy-Saint-Léger (94), RER A.Arrivée : gare d’Émerainville-Pontault-Combault (77), RER E.22,3 km, 5h35.VisiterLe domaine des Marmousets, La Queue-en-Brie. Ex-rendez-vous de chasse reconverti en espace naturel, avec son jardin de plantes aquatiques et son club de modélisme. Mai-août : 8h-21h.Le château des Tourelles, galerie d’art du Plessis-Trévise (94). Exposition Thibaud Thiercelin, dès le 6 juin. 01 83 90 46 14. Lun.-ven. 14h-17h, sam. et dim. 15h-18h. MangerAuberge du Petit Caporal, 42, rue du Gal-de-Gaulle, 94 La Queue-en-Brie. 09 70 35 48 40. Lun.-ven. 12h-14h et 19h30-21h30, sam. 19h30-21h30, dim. 12h-14h. Menu 68-105 €. Restaurant gastronomique, cuisine savoureuse. Première étape De Vaucresson à Petit-Jouy – Les Loges Deuxième étape De Petit-Jouy–Les Loges à Palaiseau-Villebon Troisième étape De Palaiseau-Villebon à Épinay-sur-Orge Quatrième étape D’Épinay-sur-Orge à Ris-Orangis Cinquième étape De Ris-Orangis à Boussy-Saint-Antoine Sixième étape De Boussy-Saint-Antoine à Boissy-Saint-Léger Restos & Loisirs Paris Patrimoine Balades Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
La Ceinture verte d’Île-de-France à pied : septième étape, de Boissy-Saint-Léger à Émerainville–Pontault-Combault
Tout l’été, nos journalistes arpentent une boucle de 350 km autour de la petite couronne. Au programme de la septième étape, pas moins de six forêts !
















