C’est Philippe, de Joinville, en Haute-Marne, qui m’inspire ce matin, et je me demande si ce n’est pas le Stop ou encore d'Éric Jean-Jean qui l’inspire, lui.

Écoutez sa question : "Bonjour Muriel, Les journalistes disent tous : ‘50 % des auditeurs ont aimé’. J’aurais dit : ‘50 % des auditeurs a aimé’. Alors, non. "Cinquante", c’est un pluriel, et "des auditeurs", c’est un pluriel aussi, donc là, pas d’hésitation : c’est bien "50 % des auditeurs ONT aimé".

On n’accorde éventuellement au singulier après un pourcentage que s’il est inférieur à 2 - puisque 2, c’est le début du pluriel en français. En revanche, Philippe parlait de 50%, et bien que je ne sois pas très forte en maths, je pense pouvoir affirmer que 50% des auditeurs, c’est synonyme de "la moitié des auditeurs", et je pense que c’est avec cela que Philippe fait la confusion. C’est là en effet un sujet qui revient très souvent dans les questions que je reçois, de la part des auditeurs de RTL, mais aussi des journalistes, d’ailleurs – ceux de RTL comme ceux du Monde : ce sujet, c'est celui de l’accord de ce qu’on appelle "les collectifs".

On en a déjà parlé dans Le Bonbon sur la langue, mais vu la demande sur la question, je crois qu’il faut y revenir… Ce qu’on appelle les “collectifs”, ce sont ces sujets au singulier qui représentent une réalité plurielle. "L’ensemble des personnes", "la foule des manifestants", "la majorité des Français", "la moitié des auditeurs", mais aussi "le troupeau de moutons", "la portée de chatons", etc. Quand le collectif est employé seul, c’est simple, on laisse le verbe au singulier : "La foule envahit l’avenue", "la majorité a gagné l’élection", "le troupeau est dans son pré". Mais quand ce collectif est suivi d’un complément du nom au pluriel, comme lorsque je précise "la foule des manifestants", "la majorité des Français", "le troupeau de moutons" ou "la moitié des auditeurs", on accorde le verbe… au singulier ou au pluriel, selon le sens de la phrase, ou celui qu’on désire lui donner.