Aujourd’hui, nous mettons cap au sud, amis des mots, au sud, et légèrement à l’est quand même, mais on s’arrête bien avant la grande bleue. C’est un petit couple de livres que j’ai reçus qui m’a donné envie de faire ce voyage… Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé de cette collection, elle a été lancée par Le Robert, et s’appelle "Ça se dit comme ça".

Les deux derniers parus sont Ça se dit comme ça à Lyon et Ça se dit comme ça à Saint-Étienne. C’est à la fois savant et rigolo, et j’y ai appris pour commencer que le français régional stéphanois s’appelle le “gaga”, les résidents de Saint-Étienne étant eux-mêmes des gagas et des gagasses. Un peu comme les gones à Lyon, finalement, même si le gone, à l’origine, c’était plus spécifique : selon le Larousse, un "enfant des rues, [un] gamin". Mais c’est vrai que par extension, les Lyonnais sont tous des gones.

Tenez, j’ai relevé quelques pépites du parler lyonnais – certaines se retrouvent naturellement à Saint-Etienne, les deux villes n’étant qu’à une centaine de kilomètres l’une de l’autre. Par exemple, votre gone, votre gamin, est peut-être tarabate. Mais c’est mieux que s’il était caquenano. Pardon ? Tarabate, à Lyon, c’est turbulent, remuant. Caquenano, c’est idiot – littéralement c’est “qui fait caca au lit”. J’adore aussi le verbe décoconner. Décoconner, c’est plaisanter ou perdre la raison. Le terme est dérivé du mot cocon. À l’origine, décoconner, c’était “détacher de leur support les cocons des vers à soie” (eh oui, on est au pays des canuts), activité collective qui “donnait beaucoup d’occasions de bavarder…” et de plaisanter