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On croit souvent connaître l’asthme, parce qu’on l’associe à une crise, à une respiration sifflante, à une gêne passagère. Mais la maladie est plus complexe. Le professeur Bruno Crestani, président de la Fondation du Souffle et chef du service pneumologie à l'hôpital Bichat, le rappelle clairement : "Asthmatique, ce n'est pas une maladie du poumon. C'est une maladie des bronches." Lors d’une crise, "les muscles se contractent, l'air a du mal à passer, on a du mal à respirer". C’est ce rétrécissement qui provoque l’essoufflement et les sifflements.

Mais le symptôme le plus trompeur n’est pas toujours celui qu’on croit. "Le grand symptôme de l’asthme, c’est la toux", insiste le spécialiste. Une toux qui dure, qui résiste aux traitements classiques, et qui peut masquer un asthme non diagnostiqué. C’est l’une des raisons pour lesquelles la maladie passe encore sous les radars. Beaucoup de patients consultent tard, parfois après des mois de gêne, sans imaginer que leurs bronches sont en cause.

Une maladie qu'on contrôle, plus que l'on ne guéritL’asthme peut être déclenché par plusieurs facteurs. Le plus fréquent reste l’allergie. Pollens, poils d’animaux, poussières, substances irritantes : autant d’éléments capables de provoquer une réaction inflammatoire et de déclencher une crise. Le terrain génétique joue aussi un rôle. "Si mon papa et ma maman sont allergiques, les enfants ont 40% de chances d’être allergiques eux-mêmes", explique le professeur. Mais l’environnement compte tout autant : pollution, mode de vie, expositions professionnelles. Certains métiers sont particulièrement à risque, comme les coiffeurs, les boulangers ou certains soignants.