Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Tribune Laurene Graziani Consultante internationale et coach parentale Lorraine Lafaye-Favre Avocate et coach parentale Marie-Guénaelle Roy Thérapeute familiale Dans une tribune au « Monde », trois spécialistes de l’enfance expliquent que, si les réformes visant à protéger les mineurs de toutes formes de violences sont nécessaires, elles ne pourront pleinement aboutir tant que persistera la croyance selon laquelle « l’enfant est un être de moindre valeur subordonné à l’adulte ». Publié aujourd’hui à 12h30 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés On blâme, légitimement, l’Etat, l’inertie des institutions, le système qui ne respecte ni ne protège nos enfants. Cela étant, cet élan de révolte est vain s’il n’est pas accompagné d’un changement structurel à la racine. C’est dans nos maisons que se construit – ou s’effondre – le respect de l’enfant en tant que personne : sa capacité à être lui-même, à dire non, à dire « j’ai mal », à exister sans avoir à se justifier. La loi du 10 juillet 2019 a modifié le code civil français pour interdire explicitement toutes les formes de violences éducatives ordinaires et pour défendre l’exercice de l’autorité parentale sans violence physique ou psychologique. Plus encore, dans un arrêt historique du 14 janvier 2026, la Cour de cassation a tranché : Il n’existe aucun « droit de correction » parental en droit français. Aucune violence, même légère, ne peut plus être justifiée au nom de l’éducation. Et pourtant, indique en février le Baromètre des violences éducatives ordinaires de la Fondation pour l’enfance, 84 % des parents reconnaissent encore avoir recours à des violences éducatives ordinaires. On le sait, on ne change pas tout un système par une seule loi ou une décision de justice. Cette intention politique, aussi nécessaire soit-elle, se heurte en effet dans son application à un blocage structurel : l’approche traditionnelle, profondément ancrée, transmise de génération en génération, selon laquelle l’enfant est un être de moindre valeur et serait par nature subordonné à l’adulte. Or, les fondations d’une société qui reconnaît toute sa place à l’enfant se construisent d’abord au sein de nos maisons. Mais comment respecter pleinement la personne d’un enfant quand la nôtre ne l’a jamais été ? Le respect de l’enfant, priorité nationale Accompagner l’enfant à grandir et le protéger, y compris de nous-mêmes, est une mission immense, et difficile pour une raison précise : nous avons tous été des enfants et gardons tous des traces de notre éducation. Ce n’est pas une excuse mais un constat. Il vous reste 36.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.