Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Affaire Lyhanna Affaire Lyhanna Affaire Lyhanna Tribune Claire Brisset Ancienne Défenseure des enfants L’ancienne Défenseure des enfants Claire Brisset dénonce, dans une tribune au « Monde », la « cascade de dysfonctionnements institutionnels » qui rend les mineurs particulièrement vulnérables aux violences. Publié aujourd’hui à 06h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Une petite fille est morte. Une famille, un village, une nation la pleurent. Le ministre de la justice [Gérald Darmanin] présente ses excuses, tandis que le président de la République exprime son incompréhension. Mais qu’a-t-on fait dans ce pays pour regarder en face la manière dont les enfants, en particulier les plus vulnérables d’entre eux, sont traités, écoutés, entendus ? Les chiffres sont révélateurs : en 2024, le nombre d’enfants vulnérables retirés à leur famille et confiés à l’aide sociale à l’enfance a atteint 392 000 ; en 2026, il s’élèvera, selon toute vraisemblance, à 400 000. Au début du siècle, il était de 264 000. Cela représente donc une hausse de 136 000 en vingt-cinq ans. Ces chiffres ne sont que l’expression d’une réalité presque impossible à concevoir. Les enfants, que chacun de nous considère comme des êtres à protéger, sont aussi les plus fragiles de la société. C’est sur eux que peut se déchaîner sans frein la violence que chacun, depuis sa naissance, tente de domestiquer. Pourquoi les défenses peuvent-elles être débordées au point de s’exprimer jusqu’à l’homicide ? Pourquoi le travail éducatif – celui de la famille, de l’école – échoue-t-il dans certains cas à juguler la violence ? S’il existe plusieurs réponses possibles à ces questions, nul ne peut ignorer le poids des mécanismes à l’œuvre d’un point de vue institutionnel. Un exemple est significatif : la société et le droit français ont décidé de confier le soin des plus vulnérables – les enfants délaissés, battus, maltraités, abandonnés – aux départements, qui ont créé en leur sein l’aide sociale à l’enfance. Celle-ci est donc désormais sous l’autorité des conseils départementaux, après avoir été sous celle de l’Etat. Il vous reste 66.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Affaire Lyhanna : « Dans la société française, la parole de l’enfant reste inaudible »
TRIBUNE. L’ancienne Défenseure des enfants Claire Brisset dénonce, dans une tribune au « Monde », la « cascade de dysfonctionnements institutionnels » qui rend les mineurs particulièrement vulnérables aux violences.














