Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Affaire Lyhanna Affaire Lyhanna Affaire Lyhanna Tribune Caroline Mecary Avocate Depuis des années, la justice et les services de protection de l’enfance sont fragilisés par une logique de restriction budgétaire et de gestion comptable, déplore Caroline Mecary, avocate au barreau de Paris, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Lyhanna avait 11 ans. Pendant une semaine, sa famille l’a cherchée. Pendant une semaine, la France a espéré. Puis son corps a été retrouvé dans le Gers. L’auteur de sa mort devra répondre de ses actes devant la justice. Cependant, s’en tenir à cette seule responsabilité serait une manière commode d’éviter les questions qui dérangent. L’homme aujourd’hui mis en examen n’est pas inconnu des services de police et de justice. Depuis août 2025, il faisait l’objet d’une plainte pour viol sur une enfant de 10 ans. Cette plainte avait donné lieu à une enquête. Pourtant, plusieurs mois plus tard, il n’avait toujours pas été entendu par les enquêteurs. Le gouvernement lui-même a reconnu l’existence d’un « dysfonctionnement », et une enquête administrative a été ouverte pour comprendre comment une telle situation avait pu se produire. La question est donc simple : comment un homme visé par des accusations aussi graves a-t-il pu demeurer libre sans même avoir été interrogé ? Certains parleront d’erreur, d’autres de négligence. Toutefois, ces qualificatifs sont insuffisants. Ce qui est en cause, c’est un système. Ce retard n’est pas un accident isolé : il révèle une justice et des services de protection fragilisés par des années de restriction budgétaire et de gestion comptable. Depuis plus de vingt ans, les gouvernements successifs soumettent les services publics à une logique comptable, et le service public de la justice n’échappe pas à cette logique – souvenons-nous de ce garde des sceaux [Jean-Jacques Urvoas] qui, en 2016, déclarait : « L’institution judiciaire est en voie clochardisation. » Il vous reste 64.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La mort de Lyhanna doit conduire à poser la question des choix politiques qui ont rendu possible cette défaillance »
TRIBUNE. Depuis des années, la justice et les services de protection de l’enfance sont fragilisés par une logique de restriction budgétaire et de gestion comptable, déplore Caroline Mecary, avocate au barreau de Paris, dans une tribune au « Monde ».












