Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Mort de Lyhanna Mort de Lyhanna Mort de Lyhanna Tribune Collectif Dans une tribune au « Monde », un collectif sans affiliation syndicale de plus de 300 magistrats exprime sa profonde émotion après la mort de la collégienne, et s’indigne d’un manque de moyens humains et financiers générateur d’une véritable faillite du système judiciaire. Publié aujourd’hui à 19h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Une enfant est morte dans des circonstances qui bouleversent la nation entière. Avant toute chose, nos pensées vont à Lyhanna, à ses proches, à tous ceux dont la vie restera à jamais marquée par ce drame. Leur douleur ne peut être ni relativisée ni instrumentalisée. Lorsqu’un drame d’une telle gravité survient, la première exigence est celle de la vérité. La seconde doit être de se demander collectivement comment mieux protéger demain. Tous les professionnels de la protection de l’enfance (magistrats, greffiers, enquêteurs, travailleurs sociaux, éducateurs, médecins, associations) se savent faillibles. Ils n’ignorent pas le risque d’erreur, lorsque les tâches à accomplir sont si nombreuses qu’il faut travailler de manière toujours plus dégradée, sans cesse réduire le temps d’analyse des dossiers, arbitrer en permanence entre les urgences, sacrifier la qualité, renoncer à la sérénité qu’exige pourtant la protection des plus vulnérables. Personne ne s’engage dans ces métiers pour travailler ainsi. Personne ne veut participer à un système qui devient maltraitant pour celles et ceux qu’il est censé protéger. Aujourd’hui, c’est Auch. Mais ce pourrait être n’importe où en France. Lorsque tous les professionnels reconnaissent leur quotidien dans les failles révélées par cette affaire, peut-on encore parler uniquement d’erreur individuelle ? La situation de la justice et des services d’enquête n’est pas inconnue : en 2016, déjà, le garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas dénonçait une justice « en voie de clochardisation ». En 2017, la mission d’information sur le redressement de la justice le constatait : « le diagnostic est connu, mais la situation s’aggrave » et les personnels, pourtant dévoués, « n’en peuvent plus ». En 2021, la tribune des « 3 000 », publiée dans Le Monde après le suicide d’une jeune magistrate, décrivait la souffrance du monde judiciaire, la surcharge chronique et l’impossibilité de rendre une justice de qualité dans des conditions toujours plus dégradées. Il vous reste 57.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Mort de Lyhanna : « Il faut regarder en face ce que produit une justice sous tension permanente »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », un collectif sans affiliation syndicale de plus de 300 magistrats exprime sa profonde émotion après la mort de la collégienne, et s’indigne d’un manque de moyens humains et financiers générateur d’une véritable faillite du système judiciaire.









