Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Mort de Lyhanna Mort de Lyhanna Mort de Lyhanna Tribune Collectif Un collectif de représentants du Syndicat de la magistrature regrette, dans une tribune au « Monde », que le garde des sceaux désigne à la hâte des responsables, alors que les défaillances dont souffre la justice pour prendre en charge les violences sexuelles sur les enfants sont connues de longue date. Publié aujourd’hui à 20h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Depuis une semaine, Gérald Darmanin ne cesse de multiplier les plateaux de télévision et les conférences de presse. Pour échapper aux responsabilités qui sont les siennes, le garde des sceaux s’emploie à désigner, à la hâte et avant même les résultats des inspections qu’il a diligentées, des responsabilités individuelles et à proposer de fausses solutions, qui risquent d’accroître le danger qui pèse sur les enfants victimes. Les magistrats et magistrates ne contestent pas les défaillances massives dont souffre la justice pour prendre en charge les violences sexuelles dénoncées par les enfants. Bien au contraire, depuis plusieurs années, et quatre fois déjà depuis la fin de l’année 2025, le Syndicat de la magistrature a été entendu sur des questions relatives aux violences sexuelles ou à la protection de l’enfance. A chaque fois, nous avons dénoncé les délais de traitement de ces procédures et le manque d’enquêteurs et d’enquêtrices en la matière. Le caractère systémique de ces manquements est si ancré qu’en 2023 déjà, une mission d’inspection interministérielle était diligentée afin de procéder à l’évaluation du nombre de procédures en cours dans les services de police et d’en analyser les causes. Gérald Darmanin avait promis de rendre publiques les conclusions de cette mission, ce qu’il n’a pas fait depuis. Un pur effet d’annonce Ce rapport est édifiant. Il révélait que près de la moitié du stock des services d’enquête avait plus de deux ans, et que des dossiers d’agressions sexuelles et de viols étaient laissés à l’abandon pendant des années alors même que les auteurs étaient identifiés. Plus encore, il alertait déjà sur le fait qu’une telle embolie empêchait d’identifier les procédures prioritaires en matière de violences sexuelles sur mineurs, celles qui comportent des risques majeurs. Il vous reste 69.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.