Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Violences sexuelles Violences sexuelles Violences sexuelles Tribune Magali Lafourcade Magistrate Dans une tribune au « Monde », la magistrate et présidente de l’Institut français des droits et libertés Magali Lafourcade juge insuffisantes les réponses de l’exécutif auquel elle enjoint de « doter les services judiciaires et d’enquêtes des effectifs suffisants pour traiter les plaintes ». Publié aujourd’hui à 10h00, modifié à 10h40 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La désignation de boucs émissaires ne résoudra jamais des défaillances structurelles. C’est pourtant cette lecture étroite qu’ont privilégiée nos responsables politiques dès les prémices de l’affaire Lyhanna [une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Var, le 4 juin]. Pouvaient-ils sincèrement ignorer l’ampleur des violences sexuelles commises sur les enfants ? Difficile à croire, tant la société elle-même en a pris la mesure, sous l’impulsion, notamment, des travaux de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) puis de ceux de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Celle-ci estime que ce sont 160 000 enfants qui sont victimes chaque année de viol, d’inceste ou d’agression sexuelle, soit un enfant toutes les trois minutes. Peu réceptifs aux attentes de la société, nos responsables politiques n’ont pas mis en œuvre les mesures préconisées par la Ciivise. Face à l’afflux des plaintes, ils n’ont pas renforcé la chaîne pénale. Pire encore : la réforme de la police nationale de 2023 aurait davantage fragilisé la filière investigation. Le rapport d’information de l’Assemblée nationale d’octobre 2025 pointe en effet dans son bilan une « mobilisation excessive des services de police judiciaire sur des tâches ne relevant pas de leur mission ». Et que dire de l’empilement des priorités de politique pénale, adressées par le ministre de la justice [Gérald Darmanin] par la voie de circulaires, à un rythme effréné d’une tous les trois jours en moyenne, sans égard pour la capacité des parquets à les absorber ? Alors que les Etats généraux de la justice comme le rapport conjoint des inspections de la justice et de la police ont documenté l’asphyxie de la chaîne pénale, les mots du président de la République qui refuse d’« entendre aucun argument de moyens dans cette affaire » sont une gifle pour toutes les victimes et leurs proches. Rappelons qu’Emmanuel Macron avait lui-même montré, en 2025, que, sur 1 000 euros de dépenses publiques, seuls 5 euros étaient consacrés à la justice, contre 26 euros pour la culture et 30 euros pour la recherche, secteurs dont chacun sait qu’ils sont sous-dotés. Il vous reste 68.22% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Mort de Lyhanna : « Réduire les dangers qui guettent nos enfants exige un effort budgétaire massif »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », la magistrate et présidente de l’Institut français des droits et libertés Magali Lafourcade juge insuffisantes les réponses de l’exécutif auquel elle enjoint de « doter les services judiciaires et d’enquêtes des effectifs suffisants pour traiter les plaintes ».






