Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Tribune Collectif Dans une tribune au « Monde », un collectif formé à l’initiative de parents de victimes appelle à une véritable prise de conscience et à des choix politiques forts pour assurer une protection effective des enfants et faire de leur sécurité « une exigence permanente de notre société ». Publié aujourd’hui à 19h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Depuis des mois, des familles témoignent avec courage des violences sexuelles subies par leurs enfants à l’école, dans le périscolaire, à Paris et partout en France. Beaucoup partagent le sentiment de ne pas avoir été entendues à temps. Face à l’ampleur des défaillances, une prise de conscience collective s’impose. Cette tribune rassemble citoyens et personnalités engagés. Elle n’est ni politique ni partisane. Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles. Un enfant victime toutes les trois minutes. A Paris, les chiffres de la procureure de la République donnent une dimension vertigineuse à cette réalité : des enquêtes dans 84 écoles maternelles, 20 écoles élémentaires, plusieurs crèches. Au 9 juin, le nombre de suspensions s’élevait à 132 depuis le 1er janvier, dont 52 pour suspicion de violences sexistes ou sexuelles. Ces chiffres interrogent un système tout entier. Derrière chaque « affaire », il y a un enfant qui attend une chose simple : que les adultes le protègent. Lorsqu’un enfant parle, il faut l’écouter et agir. Trop de familles se heurtent encore aux lenteurs de procédures, à l’absence d’accompagnement et à l’omerta. Dans ces situations, le temps n’est jamais neutre. Chaque retard fragilise un peu plus les enfants et leur parole. Nous faisons face à trois urgences. La première est d’accompagner les enfants et leurs proches. Plus la prise en charge par des professionnels intervient tôt, plus les possibilités de reconstruction sont durables. Derrière chaque procédure, il y a des enfants qui continuent à grandir avec leurs blessures et qui ont besoin de parcours de soins adaptés. La rapidité de la réponse publique n’est pas seulement une question administrative : elle est une condition de réparation pour les victimes et une nécessité pour en éviter de nouvelles. La deuxième urgence est la refonte de l’école. L’école de la République doit rester un sanctuaire de confiance et de transmission. L’institution scolaire doit pouvoir garantir que chaque enfant y sera protégé autant qu’il y sera instruit. Car une question traverse désormais notre société : l’école sait-elle encore protéger ? Depuis plus de dix ans, rapports, inspections, recommandations de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, propositions des associations alertent sur les failles à l’école et dans le périscolaire. Pourtant, les recommandations n’ont pas été pleinement engagées. Il vous reste 64.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Violences sexuelles dans le périscolaire : « La République doit donner aux acteurs de la protection de l’enfance les moyens d’assumer pleinement leur mission »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », un collectif formé à l’initiative de parents de victimes appelle à une véritable prise de conscience et à des choix politiques forts pour assurer une protection effective des enfants et faire de leur sécurité « une exigence permanente de notre société ».










