Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Tribune Pauline Chaste Pédopsychiatre Emanuelle Tyberg Psychologue clinicienne Dans une tribune au « Monde », les praticiennes Pauline Chaste et Emanuelle Tyberg alertent sur l’écart entre les signalements de maltraitance infantile et le délai de réponse des pouvoirs publics, quand ils en donnent. Publié aujourd’hui à 14h13 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Lors de nos consultations de pédopsychiatrie, nous observons chaque jour les effets d’une désynchronisation croissante entre le temps des institutions et celui des enfants. Familles et professionnels font face à une même réalité : la protection, la justice et le soin peinent de plus en plus à répondre dans des délais compatibles avec la sécurité des enfants et les exigences de leur développement psychique. Violences intra ou extrafamiliales, agressions sexuelles, incestes, proxénétisme, négligences graves : malgré la diversité des situations rencontrées, se dessine un même phénomène, celui de l’affaiblissement du portage institutionnel. Nous rencontrons des parents confrontés à la révélation de faits susceptibles de mettre un enfant en danger. Certains, insuffisamment informés des ressources mobilisables, ou démunis face aux délais qu’affichent les institutions, cherchent leurs premières réponses auprès d’une intelligence artificielle. Nous recevons des enfants entendus dans le cadre d’une procédure judiciaire sans qu’un accompagnement psychologique puisse leur être proposé dans un délai adapté à leur situation. Enfin, nous accompagnons des familles engagées dans des enquêtes pénales qui durent des mois, parfois davantage. Enfants et adultes attendent, les questions demeurent suspendues, et les décisions aussi. D’autres attendent la réalisation d’enquêtes sociales retardées par la surcharge des services. Dans certaines situations, si la nécessité de protéger un enfant semble une conviction largement partagée, les réponses disponibles demeurent limitées : placements différés, manque de places ou inquiétudes quant aux effets des conditions d’accueil sur l’enfant. Face à cette temporalité, les familles inventent parfois des solutions temporaires, mobilisent leurs ressources psychiques et matérielles pour maintenir un regard protecteur sur un enfant exposé. Elles suppléent, autant qu’elles le peuvent, une fonction de protection que les institutions peinent à assumer. Il vous reste 67.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.