Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Tribune Collectif Le projet de loi de protection des enfants doit venir au service d’une stratégie et non camoufler l’absence de programme global concernant l’enfance, estime, dans une tribune au « Monde », un collectif d’acteurs du secteur, dont quatre anciens Défenseurs des enfants. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le drame qu’ont vécu Lyhanna [une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, le 4 juin, après avoir été victime d’un viol] et sa famille ébranle le pays tout entier. L’indignation légitime qu’il a suscitée oblige à une réflexion de fond. La France, qui a été le premier pays européen à ratifier la Convention internationale sur les droits de l’enfant de 1989, ne peut pas ne pas s’interroger sur ce qui a conduit à un tel drame, ni sur les moyens d’en empêcher la répétition pour ne plus dénombrer, dans un proche avenir, 5,5 millions d’adultes affirmant avoir été victimes de violences sexuelles durant leur enfance, dont 3 millions dans leur propre famille. Il faut pour cela du courage politique. Notre pays a besoin, sur ce sujet, d’un plan d’envergure accepté par l’ensemble des forces politiques, comportant des engagements financiers et humains à court, moyen et long termes. Un plan qui ne se borne pas au vote d’une loi, mais repose sur une analyse des dysfonctionnements criants amplement démontrés par les rapports officiels ou les travaux associatifs. Ce plan stratégique sur la protection de l’enfance que nous appelons de nos vœux doit donc impérativement être pluriannuel et transpartisan. Il doit intégrer les mesures nationales et territoriales qui relèvent de l’Etat, autant que des structures décentralisées – médicales, sociales et judiciaires, quelles qu’elles soient. Sans oublier, par conséquent, ce qui relève de l’éducation nationale. C’est dire qu’une loi purement technique comme celle qu’on s’apprête à adopter, votée de surcroît dans la précipitation, ne suffira pas. Le véritable plan sur la protection de l’enfance, que nous appelons de longue date au regard de la crise que traverse un dispositif embolisé, ne se limitera pas à traiter des violences sexuelles et sexistes contre les enfants. Celles-ci, pour insupportables qu’elles soient, ne suffisent pas à épuiser le sujet de la violence contre les enfants. Pour preuve, cet autre drame du jeune Louis frappé à mort à Narbonne (Aude), le 19 juin, par d’autres jeunes. Et comment oublier les carences éducatives supportées, la fréquence et l’importance des violences physiques et psychologiques endurées par tant d’enfants ? Il vous reste 55.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Protection de l’enfance : « Une loi purement technique, comme on s’apprête à l’adopter, ne suffira pas »
TRIBUNE. Le projet de loi de protection des enfants doit venir au service d’une stratégie et non camoufler l’absence de programme global concernant l’enfance, estime, dans une tribune au « Monde », un collectif d’acteurs du secteur, dont quatre anciens Défenseurs des enfants.






