Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Famille - vie privée Famille - vie privée Famille - vie privée Tribune Collectif Alors que les espaces excluant les enfants connaissent une forte croissance, un collectif de responsables associatifs, de chercheurs et d’artistes souligne, dans une tribune au « Monde », l’importance de considérer les plus jeunes non pas comme une gêne à tolérer, mais comme une richesse à accueillir. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Read in English Article réservé aux abonnés « Pour garantir un maximum de confort à bord, les enfants ne sont pas acceptés. » En janvier, avec cette formulation, la SNCF n’a pas seulement relancé une offre commerciale, elle a révélé une tendance plus inquiétante : celle d’une société qui préfère exclure les enfants plutôt que réfléchir à comment mieux vivre ensemble. La promesse de tranquillité faite par l’entreprise ferroviaire rend les enfants responsables d’un inconfort qui relève en réalité de nos choix collectifs. En pleine période de vacances d’été, les offres « adults only » se multiplient dans les zones touristiques. Hôtels, restaurants, campings : les lieux interdits aux enfants ou implicitement conçus pour les tenir à distance connaissent une croissance sans précédent. Certaines agences touristiques observent une hausse continue des demandes depuis plusieurs années. Pourquoi l’exclusion des enfants, de manière directe ou implicite, nous semble-t-elle aujourd’hui tolérable, alors que, si elle visait n’importe quel autre groupe social, elle nous apparaîtrait immédiatement inenvisageable ? En France, nos représentations sociales associent souvent l’enfant à une nuisance. Là où bon nombre de nos voisins européens portent sur l’enfant un regard confiant, considérant ainsi certains comportements comme des étapes normales du développement (difficulté à rester assis ou à chuchoter, par exemple), nous y voyons souvent un défaut d’éducation. La tendance « no kids » s’engouffre dans cette faille et, ce faisant, nous détourne du véritable problème. L’environnement que nous avons construit autour de l’enfant ne lui est pas adapté. Améliorer la qualité de vie de tous Nos espaces de vie demeurent très largement pensés pour des corps, des rythmes et des usages adultes. Dans les transports, les restaurants, les lieux culturels ou même les villes, les besoins fondamentaux des enfants (bouger, jouer, explorer, etc.) sont rarement pris en compte. L’enfant est alors perçu comme inadapté à des lieux qui, en réalité, n’ont jamais été conçus pour lui. Il vous reste 66.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.