Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Les débats sur l'éducation Les débats sur l'éducation Les débats sur l'éducation Tribune Claude Lelièvre Historien de l’éducation L’historien de l’éducation Claude Lelièvre revient, dans une tribune au « Monde », sur la naissance de l’objectif édicté par l’ancien ministre de l’éducation Jean-Pierre Chevènement, en 1985. Publié le 16 juin 2026 à 06h30, modifié le 16 juin 2026 à 10h03 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Cette tribune paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au « Monde », vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien. Lorsque, en 1985, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Pierre Chevènement, a annoncé l’objectif de « 80 % d’une classe d’âge au niveau bac » – c’est-à-dire, pour lui, en terminale – à l’horizon de l’an 2000, il a ajouté qu’en tablant sur un taux de succès des candidats au bac de 75 %, on devrait avoir alors 60 % de bacheliers effectifs dans une classe d’âge. Mais il n’a guère été entendu sur ce dernier point. Jean-Pierre Chevènement s’en est longuement expliqué lors de son audition par la commission dite « Thélot » [du nom de son président, le sociologue Claude Thélot], le 28 janvier 2004. « L’objectif que je me suis donné a été d’amener une plus forte proportion de jeunes à poursuivre leurs études. La formulation que j’en ai donnée n’était pas excellente, car elle a introduit beaucoup de confusions. Quatre-vingts pour cent au niveau bac, ça n’était pas 80 % au bac, relève alors l’ancien ministre. “Au niveau bac”, c’est quelque chose que les gens ne comprennent pas. Cela veut dire en fait à 18 ans en terminale, et puis, réussisse qui pourra », poursuit alors le responsable politique. Jean-Pierre Chevènement n’était « pas partisan de l’abaissement des critères d’exigence au niveau du baccalauréat », mais a constaté que ses « successeurs, ou plus exactement l’administration, peut-être avec leur aval, inconsciemment peut-être, a assoupli constamment le niveau d’exigence, de sorte que le bac a été donné non plus à 50 % ou 60 % de ceux qui s’y présentaient mais progressivement à 60 % ou 70 %, peut-être même davantage ». « On a assisté à un phénomène curieux, c’est qu’à la fois, il y a eu un flot croissant de jeunes qui, comme je le souhaitais, poursuivaient leurs études, et en même temps, le bac a été octroyé plus généreusement », a-t-il conclu lors de cette audition. Il vous reste 52.09% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.