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epuis que le ministre Jean-Michel Blanquer [2017-2022] a tenté de le réformer, le bac semble être pris dans les soubresauts soulevés par l’introduction du contrôle continu. L’actuelle, et sans doute éphémère, ministre de l’éducation, Elisabeth Borne, vient de se sentir obligée de rouvrir le dossier. Afin de refléter « plus fidèlement » le niveau des élèves et de « diminuer la pression » liée aux notes, elle propose d’« agir sur les modalités de correction et le contrôle continu, c’est-à-dire les conditions mêmes d’attribution du diplôme ». Elle réitère pour cela l’invitation déjà faite en 2021 à chaque établissement d’élaborer un « projet d’évaluation ». Aussitôt, les critiques ont fusé : cette nouvelle réforme intervient ex abrupto, sans concertation, et s’avère trop « explosive ».

Mais sur quoi eût-il fallu exactement se concerter ? Et comment créer les conditions d’une réforme acceptable, parce que douce et non explosive ? La seule façon de sortir des querelles stériles, et des jugements à l’emporte-pièce, est d’avoir une claire conscience de la nature du tour de force à réaliser pour rendre le monument national qu’est le bac à la fois plus objectif et plus juste. Comment, en effet, refléter plus exactement la vraie valeur de l’élève ?