Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Tribune Christian Harbulot Directeur de l’Ecole de guerre économique Michael Tapiro Entrepreneur et ancien joueur du Stade Français Dans une tribune au « Monde », le directeur de l’Ecole de guerre économique, Christian Harbulot, et l’entrepreneur Michael Tapiro expliquent la manière dont le sport est devenu un outil géopolitique particulièrement efficace, mis au service de ceux qui le financent. Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 07h35 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Le sport serait neutre, universel, au-dessus des conflits. C’est le récit que l’on continue de raconter, mais qui a aujourd’hui des airs de fiction. Car une réalité s’impose : le sport n’échappe plus aux tensions internationales ; il en est devenu un instrument. Annulations d’épreuves de formule 1 pour raisons sécuritaires, compétitions sous pression diplomatique, prises de position d’athlètes et de fédérations… A l’approche de la Coupe du monde 2026, qui se déroule en partie aux Etats-Unis [ainsi qu’au Canada et au Mexique], une évidence s’impose : le sport est entré dans une nouvelle ère. Une ère où il ne sert plus seulement à divertir ou à rassembler, mais aussi à influencer, peser, rivaliser. Il faut être lucide, la neutralité du sport n’a jamais réellement existé. Des Jeux olympiques de Berlin en 1936 aux boycotts de la guerre froide, en passant par les grandes rivalités Est-Ouest, le sport a toujours été un prolongement des rapports de force politiques. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est l’ampleur du phénomène. Si le sport pouvait être ponctuellement instrumentalisé, nous assistons désormais à sa mue en un outil géopolitique structuré et durable. Les puissances émergentes l’ont parfaitement compris. Organiser une Coupe du monde, investir dans des clubs européens ou financer des compétitions internationales : ces stratégies ne relèvent plus seulement du marketing territorial. Elles participent d’une logique claire : acheter de l’influence, construire une image, imposer un récit. Face à cela, les grandes instances sportives se retrouvent dans une position ambivalente. D’un côté, elles revendiquent des valeurs universelles. De l’autre, elles dépendent de plus en plus de financements issus de régimes aux agendas politiques assumés. Le résultat est sans ambiguïté : le sport s’adapte à ceux qui le financent. Démonstration de puissance Aujourd’hui, chaque grande compétition devient un espace de confrontation. Derrière les performances sportives se jouent désormais d’autres batailles : visions opposées des droits humains, modèles politiques concurrents ou stratégies d’influence économique. Le sport n’unit plus seulement, il expose les fractures. Même les décisions sportives – participations, exclusions, sanctions – sont devenues éminemment politiques. Elles ne relèvent plus uniquement de règles sportives, mais de rapports de force internationaux. Il vous reste 45.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Coupe du monde 2026 : « Le sport est entré dans une ère où il ne sert plus seulement à divertir ou à rassembler, mais aussi à influencer, peser, rivaliser »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », le directeur de l’Ecole de guerre économique, Christian Harbulot, et l’entrepreneur Michael Tapiro expliquent la manière dont le sport est devenu un outil géopolitique particulièrement efficace, mis au service de ceux qui le financent.












