Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Tribune Clément Astruc Historien Selon l’historien Clément Astruc dans une tribune au « Monde », le changement de dimension économique du football est lié à la médiatisation accrue de la compétition, devenue au fil du temps un spectacle télévisuel à l’audience planétaire. Publié hier à 05h30 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Le 30 avril 2026, Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association (FIFA), célébrait dans ces termes l’ouverture le 11 juin de la 23e édition de la Coupe du monde avec un format élargi inédit : « Trois pays hôtes, Canada, Mexique, Etats-Unis, seize villes hôtes incroyables, quarante-huit nations participantes (…). Elles vont jouer 104 matchs. Donc, pour les Américains ou les Canadiens dans la salle – 104 Super Bowls [finale du championnat de football américain] en trente-neuf jours, avec 7 millions de supporteurs dans les stades, des dizaines de millions dans les villes hôtes et les pays hôtes, et 6 milliards de téléspectateurs. Si ce n’est pas une raison suffisante pour être positif et être heureux, alors je ne sais vraiment pas ce que nous pouvons faire de plus. » Quelle est la portée d’un tel bouleversement ? De quelles dynamiques est-il le reflet ? Un détour par l’histoire de cette compétition bientôt centenaire permet de mieux le comprendre. L’augmentation du nombre de participants à la compétition finale s’inscrit dans un processus de globalisation du football et de la FIFA à l’œuvre depuis au moins la seconde moitié du XXe siècle et la décolonisation. Jusqu’en 1978, seules seize équipes (et même moins en 1930, 1938 et 1950) participent à la phase finale de la Coupe, qui ne réserve qu’une place très marginale aux représentants africains et asiatiques. Or, si la FIFA ne compte que 49 membres dont seulement 17 extra-européens au moment de la première édition du tournoi, en 1930, elle en recense 141 en 1974, année où le Brésilien Joao Havelange, qui a fait de l’élargissement de la Coupe du monde un engagement de campagne, prend les rênes de l’organisation. Sous sa longue présidence [1974-1998], le nombre de participants augmente à deux reprises : vingt-quatre nations en 1982, puis trente-deux en 1998, permettant ainsi à davantage d’équipes d’Afrique, d’Asie ou encore d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes de participer. Présentée par Infantino comme une manière d’acter le fait que le football « ne se limite pas à l’Europe et à l’Amérique du Sud », ses bastions historiques, et qu’il est devenu « global », l’expansion décidée en 2017 par la FIFA constitue donc le prolongement d’un processus entamé au XXe siècle. Il vous reste 62.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Coupe du monde 2026 : « L’augmentation du nombre de participants à la compétition finale s’inscrit dans un processus de globalisation du football »
TRIBUNE. Selon l’historien Clément Astruc dans une tribune au « Monde », le changement de dimension économique du football est lié à la médiatisation accrue de la compétition, devenue au fil du temps un spectacle télévisuel à l’audience planétaire.
La FIFA élargit la Coupe 2026 de 32 à 48 nations (Canada, Mexique, USA), 104 matchs, 6 milliards de spectateurs. C'est l'aboutissement de la globalisation du football depuis 1970, reflétant l'adaptation des grandes compétitions mondialisées.















