Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Tribune Frédérique Reynertz Doctorante en management du sport Pim Verschuuren Maître de conférences en management du sport La marchandisation à outrance et les conflits d’intérêts flagrants qui ont caractérisé la Coupe du monde de football 2026 doivent persuader les Etats, les athlètes et les autres acteurs du sport de reprendre la main, estiment les chercheurs Frédérique Reynertz et Pim Verschuuren, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 11h30 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La Coupe du monde 2026 restera comme l’apothéose commerciale du football : la fédération internationale (FIFA) attend près de 13 milliards de dollars (11,4 milliards d’euros) de revenus sur le cycle 2023-2026, un record. Jamais, surtout, une édition du Mondial n’aura été autant monétisée, parfois à la limite de la légalité. Les « pauses fraîcheur » en sont un symbole. Présentées comme une mesure destinée à protéger la santé des joueurs, elles donnent lieu, en plein match, à trois minutes de publicité. La FIFA jure qu’elle n’en tire aucun revenu supplémentaire. Elles rapporteraient pourtant 250 millions de dollars au diffuseur américain du tournoi. L’argument sanitaire convainc d’autant moins que la FIFA a créé, en 2025, une Coupe du monde des clubs qui sature le calendrier et épuise les joueurs, au profit de ses propres revenus. Syndicats et ligues ont saisi la justice belge, puis la Commission européenne, contre une décision imposée par une organisation à la fois régulatrice, organisatrice et première bénéficiaire des compétitions. La billetterie est un autre symbole : la FIFA a vendu jusqu’à 999 dollars pièce des jetons conférant non pas un billet, mais le simple droit d’en acheter un. L’autorité suisse des jeux d’argent y a vu des loteries illégales et a déposé plainte au pénal contre la FIFA, dans son propre pays hôte [le siège de l’instance se trouve à Zurich]. S’y ajoutent une tarification « dynamique » faisant l’objet d’une enquête aux Etats-Unis et un partenariat avec une plateforme de paris prédictifs visé par les autorités allemandes. Cette course aux revenus se paie aussi en droits fondamentaux : le Somalien Omar Artan, meilleur arbitre africain de l’année, a été refoulé à l’aéroport de Miami (Floride) ; les supporteurs iraniens ont été privés de billets, et l’encadrement de l’équipe de visas. La promesse de Gianni Infantino [le président italo-suisse de la FIFA] selon laquelle « tout le monde ser[ait] le bienvenu [au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique] » n’aura pas tenu un an. Ce n’est pas un accident : à la fin de 2024, contrevenant à ses propres règles sur les droits humains, la FIFA attribuait le Mondial 2034 à l’Arabie saoudite. Il vous reste 70.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Peut-on continuer à confier le sport mondial à des organisations plus préoccupées par leurs intérêts financiers que par l’intérêt général ? »
TRIBUNE. La marchandisation à outrance et les conflits d’intérêts flagrants qui ont caractérisé la Coupe du monde de football 2026 doivent persuader les Etats, les athlètes et les autres acteurs du sport de reprendre la main, estiment les chercheurs Frédérique Reynertz et Pim Verschuuren, dans une tribune au « Monde ».








