Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Tribune Collectif A quelques jours du lancement du Mondial masculin de football, un collectif de parlementaires, d’élus locaux, d’acteurs associatifs et universitaires appelle, dans une tribune au « Monde », à un encadrement législatif plus strict des opérateurs de paris sportifs. Publié aujourd’hui à 16h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Dans quelques jours, des millions de Françaises et de Français seront devant leur télévision pour soutenir les Bleus. Une fête collective populaire et attendue. Mais pendant ce temps, une autre compétition se prépare en coulisses : celle des opérateurs de paris sportifs, qui ont prévu d’investir 785 millions d’euros en publicité cette année, soit une hausse de 25 % par rapport à 2025. Ce n’est pas un hasard, mais une stratégie. Car les paris sportifs sont devenus, en quinze ans, la deuxième forme de jeu d’argent la plus pratiquée en France, et la seule dont la prévalence ne cesse d’augmenter. Le volume des mises a été multiplié par 2,8 en cinq ans. Chaque grande compétition internationale est une opportunité de conquête, et la Coupe du monde masculine de football 2026 sera la plus grande de toutes. Il faut appeler les choses par leur nom : il s’agit d’un modèle économique fondé sur l’addiction : 63 % du chiffre d’affaires des opérateurs provient, selon Santé publique France, de joueurs en situation de dépendance ou de perte de contrôle. Ce ne sont pas des clients comme les autres. Pour que ce modèle perdure, il faut sans cesse recruter de nouveaux parieurs. Et, alors que les jeunes sont six fois plus susceptibles de développer une addiction que les adultes, les bookmakers ont bien compris qu’il fallait recruter jeune, recruter tôt. La stratégie numérique est à cet égard particulièrement agressive : 44 % des dépenses promotionnelles seront consacrées aux supports numériques. Comme l’a documenté Addictions France dans son rapport « Carton rouge : le marketing agressif des paris sportifs », publié en septembre 2025, les influenceurs exploitent la proximité qu’ils entretiennent avec leur jeune, et parfois très jeune, public pour inciter à parier à coups de codes promo et de freebets (« paris gratuits »). Et la recette fonctionne : 86 % des joueurs réguliers déclarent avoir eu envie de parier après avoir vu une publicité. Or, près de huit jeunes de 15 à 17 ans sur dix ont été exposés à des publicités pour les jeux d’argent. Des enfants de 8 à 10 ans sont capables de citer des marques de paris sportifs et d’associer des équipes à des opérateurs. Les jeunes issus des quartiers populaires sont particulièrement ciblés : les bookmakers adaptent leur marketing à leurs codes culturels, présentant le pari comme un ascenseur social, une voie rapide vers la réussite. Dans quelques semaines, ces enfants et ces jeunes vont regarder les matchs et se prendre une déferlante publicitaire calibrée pour transformer des supporteurs en parieurs. Il vous reste 59.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.