Tom JennéNewsmanager entreprendre17 juillet 2026Aujourd'hui à 17:52La Coupe du monde 2026 restera sans doute dans l'histoire comme celle de toutes les polémiques. Au risque de décrédibiliser à jamais la compétition et le football en général.Dimanche, la Coupe du monde de football vivra son coup de sifflet final. Une apothéose sportive entre l'Espagne et l'Argentine. Une rencontre entre la star de demain Lamine Yamal et la légende vieillissante du sport Lionel Messi. Mais, comme depuis le début de la compétition, il faudra aussi regarder en dehors du terrain.La Fifa va-t-elle enfreindre les lois du jeu dont elle est supposée être la garante? Il est plus que vraisemblable que la mi-temps durera plus que les 15 minutes réglementaires, pour permettre un show avec une pluie de stars, à la façon Super Bowl. Cela peut paraitre anecdotique, mais ça en dit long sur les compromissions auxquelles la Fifa s'est prêtée pour s'accommoder des desiderata américains.Le temps d'une Coupe du monde, le football a dit au revoir aux mi-temps, et bienvenue aux quart-temps. Officiellement, pour instaurer des pauses boissons à cause des fortes chaleurs. En réalité, pour créer une nouvelle plateforme publicitaire taillée sur mesure pour les télés américaines. Pendant six semaines, le sport le plus universel au monde a été plié dans tous les sens pour se conformer aux standards américains. Au mépris des traditions, de la logique sportive et de toute cohérence réglementaire.Avant même le début de la compétition, la Fifa a permis aux États-Unis de déroger à l'exonération fiscale totale qu'elle exige habituellement des pays hôtes. Elle n'a pas non plus imposé au pays de Donald Trump d'alléger sa procédure de visa afin de faciliter l'accès au pays, ce que même la Russie de Vladimir Poutine avait été contrainte de faire en 2018. Et que dire du sort réservé à l'équipe iranienne?Sauver la crédibilité du footballLa deuxième partie de la Coupe du monde a été polluée par des sorties racistes de plusieurs politiques, dont l'ancien premier ministre espagnol Mariano Rajoy, à l'encontre de l'équipe de France. Faisant fi des règles de la Fifa, plusieurs joueurs argentins ont aussi déployé une banderole "Les Malouines sont argentines" sur le terrain après leur victoire contre l'Angleterre en demi-finale, sur fond d'un vieux conflit de plus de 40 ans.Doit-on être vraiment surpris de voir ce genre de faits se multiplier? Tous ces exceptions, compromissions, arrangements entre amis au plus haut niveau ont une conséquence très concrète: l'estompement de la norme. Pourquoi continuer à respecter les règles, qu'elles soient du jeu, morales ou éthiques, si l'instance la plus importante du football laisse tout faire au nom d'intérêts économiques ou géopolitiques? Sans que ça ne provoque beaucoup d'oppositions publiques d'ailleurs.Un système qui ne tient que par des dérogations accordées à un chef d'État ou à un sponsor finira toujours par s'effondrer. En traitant ses propres principes comme des variables d'ajustement, la Fifa et son président Gianni Infantino fragilisent leur actif le plus précieux: la valeur unique de la Coupe du monde. Siffler la fin de l'ingérence politique est la seule façon de sauver encore la crédibilité - et donc la valeur - de la compétition, et du monde du football en général.
Édito | Coupe du monde: il est temps de siffler la fin de l'ingérence politique
La Coupe du monde 2026 restera sans doute dans l'histoire comme celle de toutes les polémiques. Au risque de décrédibiliser à jamais la compétition et le football en général.












