Publié le 02/06/2026 10:06

Mis à jour le 02/06/2026 10:06

Temps de lecture : 3min - vidéo : 11min

Le sport est-il une arme en politique ? Pourquoi les dirigeants se passionnent-ils pour le ballon, ou les exploits des athlètes ? "Le sport aujourd'hui fait partie de la société", souligne Frédérique Galametz, directrice de la rédaction déléguée de "L'Équipe", et invitée de "La Matinale", ce mardi 2 juin.

Emmanuel Macron et son épouse Brigitte rendent visite aux Bleus ce mardi 2 juin, juste avant leur départ pour les États-Unis et la Coupe du Monde. Le Mondial se tient du 11 juin au 19 juillet, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que président français. Pour parler du lien qu'entretiennent les politiques, et en particulier les chefs d'Etat, avec le monde du sport, Frédérique Galametz, directrice de la rédaction déléguée de L'Équipe, est l'invitée de "La Matinale".Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Jean-Baptiste Marteau : C'est devenu une tradition maintenant que les Présidents de la République, notamment Emmanuel Macron, rendent visite aux Bleus. Qu'est-ce qu'ils viennent chercher, les Présidents de la République, en allant voir les joueurs de l'équipe de France ? C'est un soutien, c'est la popularité, ou juste une façon de montrer que les Français sont à leur côté ?Frédérique Galametz : J'allais dire une bouffée d'air frais, peut-être, dans leur emploi du temps un peu chargé. En plus, là, ce sera normalement pour Emmanuel Macron sa dernière visite aux Bleus puisque l'année prochaine, il n'y a pas d'événement équipe de France de foot. Il y aura sûrement d'autres événements et il recevra peut-être d'autres sportifs médaillés durant l'été ou l'hiver avec le hand à l'Élysée. Mais en attendant, c'est sa dernière visite. Je pense qu'en plus, lui, on sait qu'il aime le sport. À L'Équipe, on le sait parce qu'il fait régulièrement des interviews chez nous et il est très connaisseur.Le monde de la politique et du sport, vous l'évoquez très régulièrement dans les pages de L'Équipe et vous l'évoquez notamment avec cette Coupe du Monde qui s'annonce très politique puisque, bien sûr, Donald Trump est au centre du jeu une nouvelle fois. "Mondial Made in Trump", vous l'avez publié en Une il y a quelques jours. Une autre Une aussi, où vous parliez de ce sport à tout prix pour Donald Trump, qui mise sur le foot, mais aussi le football américain, le basket, la NBA… Pour les politiques, et notamment pour le président américain, le sport, c'est quelque chose de central ?De manière plus générale, le sport aujourd'hui fait partie de la société. Et d'ailleurs, à L'Équipe, on a suivi là où va le sport, où on doit aller. Et effectivement, la politique est devenue un élément important, d'autant que de plus en plus de sportifs, et pas seulement les footballeurs, se soucient aussi de ça, s'engagent, en fait, un peu comme des citoyens. Et donc, c'est plutôt intéressant de suivre ça.Jacques Chirac, la Coupe du Monde, les images au milieu de l'Élysée en 1998... Ce sont ces images que tout le monde a en tête ?Jean-Sébastien Fernandes : A un moment ou un autre, ils se rapprochent du sport pour tenter de gagner en popularité. Après, ça peut parfois être contre-productif, il y a du plus, il y a du moins. Le plus, dont je me souviens, c'est Emmanuel Macron à la Coupe du Monde 2018, avec cette photo qui a fait le tour du monde, où il est dans la tribune présidentielle, au moment où la France remporte le titre. Ça, c'est le plus. Le moins, c'est ce qu'on n'a pas beaucoup vu à la finale de la Coupe de France, c'est ce Nice-Lens au Stade de France il y a quelques jours, où effectivement, quand il descend sur la pelouse, il se fait copieusement siffler par une grande majorité des spectateurs qui sont dans le stade. La diffusion, le réalisateur ne l'a pas forcément montrée, mais en revanche, sur les réseaux sociaux, l'impact est catastrophique. Donc, il faut bien faire attention. C'est vrai qu'aujourd'hui, il n'est pas en danger à Clairefontaine.Les deux ou trois dernières années, il n'était pas descendu, d'ailleurs. Il saluait les joueurs dans le couloir du vestiaire au Stade de France. Là, il a assumé de descendre.Pourquoi il est descendu cette année, à votre avis ?Je ne sais pas, franchement, je ne peux pas vous répondre. Peut-être aussi parce que la population du stade était lensoise et qu'il y avait un côté très chaleureux, très populaire, et que voilà, il connaît un peu ça. Après, on ne sait jamais, on n'est pas dans leur cerveau, vous savez sûrement mieux que moi. Et donc, parfois, ils ont aussi des coups de com ou des idées de communication que d'aucuns leur mettent en tête et ils se disent : "On va faire comme ça". Mais après, je pense qu'aujourd'hui, il est habitué à être sifflé.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.