Publié le 04/06/2026 17:12

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Jeudi 4 juin, "Le 13h découverte" se dirige vers Commana (Finistère), à la rencontre de l'un des derniers artisans à restaurer les toits en ardoise. Il s'appelle Hervé Coadou et utilise les mêmes gestes qu'il y a 500 ans, perché sur les toits.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Dans le Finistère, au cœur des Monts d'Arrée, les toitures typiques des villages, aux reflets mordorés, ont traversé les siècles. Hervé Coadou est l'un des tout derniers à les restaurer comme il y a 500 ans. "Vraiment, l'idée, c'est d'aller chercher ce qui va bien. C'est vraiment un puzzle", détaille-t-il.Sur le toit de l'église de Commana, l'artisan travaille le schiste ardoisier. Tout l'art du métier est là. Chaque ardoise est unique. Certaines ont déjà plus d'un siècle et nécessitent d'être retaillées pour former une mosaïque : "C'est de l'assemblage une par une. Elles sont toutes un petit peu déformées, donc on est obligé de les adapter, les tailler un petit peu, les épauler pour les faire plaquer."Une ardoise extraite à trois kilomètres de là, dans le Parc naturel régional des Monts d'Arrée, en plein cœur de la Bretagne. Hervé Coadou aime retourner avec son père, ancien couvreur ardoisier, dans une carrière aujourd'hui fermée. Avec elle, c'est une partie du métier qui a disparu. "C'est un endroit qui me tient à cœur, qui est particulier. Quand on va taper l'ardoise, le son résonne dans la carrière, il y a quelque chose. C'est le début de mon métier d'ardoisier ici", souffle Hervé Coadou.Une pierre bleue teintée de rouge, que les hommes sont venus décoller à mains nues. Un métier rude. Les frères Rolland l'ont exercé jusque dans les années 1990, Jean Coadou se fournissait chez eux : "Ils nous accueillaient. Parfois avec un petit café. On discutait. Puis on allait sur l'esplanade, ils montraient la vue et disaient : 'Qu'est-ce qu'on est bien ici.'" L'ardoise est encore disponible, et Hervé Coadou rêve de rouvrir la carrière pour sauver son métier : "Ça va complètement disparaître et l'âme des toitures va disparaître avec." En attendant, Hervé Coadou stocke dans son atelier des ardoises récupérées sur de vieilles granges. Il les trie une à une pour sélectionner uniquement celles qui ne sont pas poreuses : "Là, on a un son qui est clair. On va la retailler, elle repart sur le chantier, elle repart pour 100 ans."Ardoisier, un métier sans école. Alors Hervé et son père transmettent leur passion. Joseph Detailleur, apprenti, apprend à sculpter un décor : "C'est plus dur à travailler, mais c'est bien plus joli sur les toits. Donc moi, je suis quand même content de faire ça. Mais c'est beaucoup plus de travail quand même. C'est beaucoup plus long et c'est beaucoup plus dur que de la couverture classique avec de l'ardoise fine."Transmettre un savoir-faire et un patrimoine, c'est la mission d'Hervé Coadou. Olivier Thomas, Architecte des Bâtiments de France, en visite de chantier, le soutient dans son projet de réouverture de la carrière. Pour lui, c'est même une nécessité : "On n'imaginerait pas les toitures bretonnes sans ardoises, comme on n'imaginerait pas les toitures provençales sans tuiles, par exemple. Et donc ici, on a à la fois de l'ardoise, mais en plus de l'ardoise des Monts d'Arrée, de l'ardoise locale. Si on perd ce matériau, on va banaliser complètement nos paysages."Un paysage architectural qui ne tient qu'à la passion d'un homme pour son métier, avec l'ambition de le voir inscrit un jour au patrimoine mondial de l'UNESCO.