Publié le 27/05/2026 18:32

Mis à jour le 27/05/2026 18:32

Temps de lecture : 2min - vidéo : 5min

Le "13 Heures Découverte" vous emmène à la rencontre de l'un des plus jeunes sonneurs de cloches de France : il s'appelle Amadéo Boisdenghien, il a 16 ans. Un métier devenu rare. Nous l'avons suivi dans le Nord, où le son du carillon rythme à nouveau la vie du village.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Dans le silence du Parc national de l'Avesnois, le tintement du carillon de l'église du village de Sémeries (Nord). À la corde, l'un des plus jeunes sonneurs de France, 16 ans. "Là, je joue le plénum, c'est-à-dire la sonnerie des trois cloches à la volée. C'est assez joyeux", explique-t-il. Ce jour-là, le maire vient ouvrir les portes de l'église à Amadéo Boisdenghien, sonneur de cloches depuis cinq ans. Direction le clocher, le geste est technique : il faut d'abord lancer Marie, la plus petite des cloches, qui pèse 335 kilos. Ensuite, Amadéo active les deux autres sur le boîtier électrique."J'entends comme les anciens qui nous parlent à travers le son qu'ils nous ont transmis grâce à cette cloche, puisque c'est vraiment des générations qui ont travaillé dessus", explique le jeune sonneur. "Qu'un jeune de cet âge-là, [se soit] pris de passion pour les clochers, pour la vie des clochers, la vie des églises, la vie des cloches. C'est extraordinaire", se réjouit Hervé Laspalas, maire (Sans étiquette) de Sémeries (Nord).Depuis le clocher, le son traverse le village et les champs, jusqu'aux serres de la famille Cornée, à un kilomètre. "Comme autrefois, c'est un marqueur du temps. On peut se dire que ça fait une heure qu'on est là, ça fait deux heures. Tiens, ça va bientôt être l'heure de préparer autre chose ou qu'il faut aller chercher quelqu'un à la gare", commente Samuel Cornée, maraîcher à Sémeries (Nord). "En plus, quand on a du soleil, on a des repères, mais quand on n'a pas de soleil, au moins on a le son", ajoute Chantal Cornée, productrice et maraîchère à Sémeries.Pendant des siècles, le sonneur avait une place centrale dans la vie quotidienne des villageois. Des savoir-faire variés pour signaler les dangers, annoncer les mariages, les décès ou les messes. À Sémeries, les habitants sont très attachés à l'histoire de leur village. Sous l'impulsion de l'ancien maire, la cloche Marie, volée par les Allemands en 1916, a été refondue, rebaptisée et réinstallée : "C'était un événement dans le village. C'était la fête au village. C'était du bonheur, voir une cloche comme ça passer, bien brillante, toute neuve. C'était une naissance", se souviennent Cindy Contesse, habitante de Sémeries, et sa famille, en regardant des photos, datant notamment de 2003.Amadéo sonne uniquement pour les grandes occasions. Il est encore peu connu des habitants, mais sa passion suscite l'intérêt. "J'ai toujours habité à côté d'une église, et un beau jour je m'ennuyais, et je me suis dit : 'On va écouter le fonctionnement des cloches'", leur explique le sonneur. Charlotte Frommont, la gérante du café, a quitté sa vie citadine pour la campagne et pour le son du carillon. "Si j'ai repris le café de mon village déjà au départ, c'est pour qu'un village reste vivant. Donc s'il n'y a plus de cloches, il n'y aura peut-être plus de café, donc il n'y aura plus de vie. C'est pour garder une convivialité et un humanisme dans le village, en fait", confie-t-elle. Amadéo est étudiant en électricité. Il veut devenir campaniste. Dans l'Avesnois, la tradition du sonneur de cloches devrait perdurer.