Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Management Management Management Chronique Pierre-Yves Gomez Professeur émérite à l’EM Lyon Racheter des actions demeure une pratique courante du capitalisme spéculatif, notamment pour rendre plus flatteuse la valeur générée par l’activité d’une entreprise. Les plans de licenciements obéissent parfois à une logique similaire, explique, dans sa chronique, le professeur en sciences de gestion Pierre-Yves Gomez. Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 08h36 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Gouvernance. Au-delà de leur verser un dividende, une entreprise peut rémunérer ses actionnaires en rachetant ses propres titres, puis en les annulant. Il y a alors moins d’actions en circulation, et le bénéfice par action des actionnaires restants augmente comme par magie. Cet effet, dit « relutif », soutient le cours de Bourse par une augmentation apparente du bénéfice par action, réalisée sans création de richesse supplémentaire. En théorie, les marchés se méfient de cette technique qui améliore le rendement du capital sans refléter la réalité économique. Pourtant, elle reste très utilisée. Une étude de l’Institut français de gouvernement des entreprises (IFGE, Preuves à l’appui, 2026) mesure l’ampleur du phénomène. Entre 1999 et 2024, les entreprises du SBF 120 – l’indice qui regroupe les 120 valeurs principales d’Euronext Paris – ont consacré 335 milliards d’euros au rachat de leurs propres actions. La pratique était marginale après sa libéralisation en 1998 : 10 % des entreprises de l’indice y recouraient alors. Elles sont 76 % à le faire en 2024. Les montants ont changé d’échelle : moins de 5 milliards d’euros en 1999, près de 31 milliards en 2024. Les trois quarts des rachats sont le fait de 21 entreprises. L’industrie et l’extraction concentrent près de 60 % des montants, TotalEnergies représentant à elle seule 60,3 milliards d’euros, soit 18 % du total. Le phénomène français paraît pourtant modeste au regard de celui des Etats-Unis, où, au cours de la même période, les vingt premières entreprises ont racheté 4 205 milliards d’euros d’actions. Réalité hors champ Le rachat d’actions demeure donc une pratique courante du capitalisme spéculatif. L’entreprise utilise ses résultats non pour accroître ses capacités productives, mais pour rendre plus flatteuse la valeur générée par son activité. Tout se passe comme si les profits étaient trop abondants pour ses besoins réels, au point d’être consommés pour annuler son propre capital ; ou comme si l’entreprise n’avait pas une vision assez crédible et suffisamment prometteuse de son avenir pour oser investir ses profits. Dans les deux cas, l’indicateur « bénéfice par action » est optimisé. Mais il l’est par escamotage du sous-jacent économique. Il vous reste 38.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Rachats d’actions et plans sociaux, un tour de passe-passe bien connu des entreprises pour avoir la cote sur le marché
CHRONIQUE. Racheter des actions demeure une pratique courante du capitalisme spéculatif, notamment pour rendre plus flatteuse la valeur générée par l’activité d’une entreprise. Les plans de licenciements obéissent parfois à une logique similaire, explique, dans sa chronique, le professeur en sciences de gestion Pierre-Yves Gomez.













