Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Bourse Bourse Bourse Tribune Jérôme Courcier Président d’Ethique et Investissement Pierre-Henri Leroy Administrateur d’Ethique et Investissement En France comme aux Etats-Unis, l’absence de prévention contre les risques liés à ces opérations financières, qui consistent pour une société cotée à racheter ses propres actions, semble totale, relèvent deux responsables de l’association Ethique et Investissement, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 16h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Si, en France comme à l’étranger, le rachat par une société de ses propres actions était, jusqu’à la fin du XXᵉ siècle, une infraction pénale, il est devenu une pratique légale et courante des grandes entreprises. Les montants annuels de ces opérations sont vertigineux : en 2025, c’est 35 milliards d’euros en France, 120 milliards d’euros au Japon et 875 milliards d’euros aux Etats Unis. Certaines sociétés rachètent chaque année jusqu’à 3 % ou 5 % de leur capital, en y consacrant parfois plus de la moitié de leur bénéfice annuel. Au détriment, souvent, de l’investissement dans la recherche, dans la production ou dans les salaires… L’explication officielle est que ces sociétés, dans une logique de création de valeur financière à court terme, parient sur l’effet « relutif » desdites opérations ; un rachat d’actions suivi d’une annulation de celles-ci réduit en effet le nombre total de titres. Cela a pour effet d’accroître mécaniquement le bénéfice par action et donc le cours des actions restantes. Séduisant. Ce soutien artificiel des cours n’est plus considéré comme une manipulation, mais comme un « retour à l’actionnaire », voire comme un moyen de se protéger contre les offres publiques d’achat hostiles. Dans les faits, il apparaît que les actions rachetées sont rarement annulées. La plupart du temps, elles sont soit remplacées par des actions issues de nouvelles émissions, soit redistribuées gratuitement ou à moindre prix aux salariés et aux cadres dirigeants, en vue de favoriser l’actionnariat des premiers et l’engagement des seconds. Pour les manageurs, le but est d’aligner leurs intérêts sur ceux des actionnaires. En recevant des actions gratuites ou bonifiées et/ou des plans d’options de souscription ou d’achat bonifiés, ces dirigeants deviennent très sensibles au cours de Bourse. Quand ce dernier augmente, non seulement cela augmente la valeur des titres qu’ils détiennent mais cela déclenche aussi des éléments de leur rémunération variable. Il vous reste 68.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.