Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Moment Series Pour M le magazine du Monde Le Goût du Monde Le Goût du Monde Le Goût du Monde Vins & autres plaisirs liquides Vins & autres plaisirs liquides Vins & autres plaisirs liquides Par Sébastien Jenvrin Publié aujourd’hui à 05h00 Article réservé aux abonnés DécryptageDans les vignes, pendant la fermentation ou encore l’élevage, certains vignerons utilisent différentes mélodies qui, selon eux, stimuleraient les ceps, les protégeant des maladies, ou intensifieraient les arômes du vin. L’objet cubique au design rétrofuturiste est perché au milieu des vignes du Domaine du Nozay, à Sainte-Gemme-en-Sancerrois (Cher). Doté de quatre haut-parleurs et alimenté par un panneau solaire, ce boîtier diffuse à 360 degrés une succession de notes de musique digne du signal envoyé aux visiteurs du film Rencontres du troisième type (1977), de Steven Spielberg. Pourtant, aucun extraterrestre en vue, si ce n’est Cyril de Benoist, un des très rares vignerons à être certifié bio et biodynamie en sancerre. Et c’est plutôt avec les plantes qu’il cherche à communiquer, en leur administrant matin et soir une séquence musicale de sept minutes pour « renforcer les pieds de vigne » contre les maladies ou les aléas climatiques. Cette idée d’une musicothérapie en milieu viticole a de quoi surprendre, il le concède : « On me prend pour un barge, c’est sûr, mais je suis simplement un fanatique de la vigne. » Elle lui est venue après avoir entendu parler d’un maraîcher qui utilisait la musique comme traitement contre le mildiou pour ses tomates. Intrigué, le vigneron découvre l’existence de la société Genodics, auprès de laquelle il loue pour environ 1 500 euros par an un de ces boîtiers depuis une dizaine d’années. « J’ai vu un énorme changement au niveau de la mortalité dans les vignes liée à l’esca [maladie du bois qui nécrose les ceps] », atteste le vigneron, si convaincu qu’il en a installé un deuxième dans sa cave, où il n’a désormais plus d’arrêt de fermentation. Créée en 2008, cette société française commercialise des solutions pour le monde agricole en s’appuyant sur les travaux du physicien Joël Sternheimer, inventeur de la génodique et accessoirement chanteur yéyé dans les années 1960 sous le pseudonyme Evariste. Sa théorie : chaque acide aminé qui compose une protéine correspond à une note de musique et ainsi chaque protéine pourrait être traduite en une « protéodie » (contraction de protéine et mélodie). Diffuser cette mélodie mathématique permettrait d’« amplifier la synthèse naturelle des protéines », explique Victor Prévost, ingénieur en biologie au sein de Genodics et ancien chercheur au CNRS à Mulhouse, et ainsi « orienter le métabolisme des plantes dans une direction ». Il vous reste 55.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.