Publié le 20/05/2026 22:43
Mis à jour le 20/05/2026 22:44
Temps de lecture : 3min - vidéo : 4min
Aujourd'hui, de nombreux jeunes salariés préfèrent la liberté à la sécurité de l'emploi. De plus en plus refusent ainsi les CDI, préférant décider de leur temps de travail, être indépendant, gagner plus d'argent aussi. Mais cette décision n'est pas toujours comprise par leur famille et les proches.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Il a longtemps représenté le graal d'une carrière : le CDI, une même entreprise toute sa vie. Mais aujourd'hui, ils sont nombreux à ne plus rêver du fameux contrat à durée indéterminée, à le quitter, voire, le refuser. Pour eux, le CDI, c'est "non merci". Dans un entrepôt en construction, quatre soudeurs s'affairent sur la tuyauterie. Parmi eux, Clément Mollé. Lui, n'est plus salarié ; il est devenu soudeur indépendant pour sa propre entreprise, Weld'm Industrie. Se voir imposer des chantiers ou travailler à des heures fixes, il a essayé, mais ne s'y retrouvait pas : "C’est pas fait pour moi. En étant indépendant, on a plus le choix sur le travail qu'on veut réaliser, et surtout, ce qu'on ne veut pas faire", assure-t-il. Et question revenus, pas de regrets. Il touchait 1 800 euros par mois quand il était salarié. Aujourd'hui, il impose ses tarifs aux entreprises qui font appel à lui, car il y a une pénurie de soudeurs. Il dit gagner désormais : "Entre 2 200 et 4 000 euros."L'entreprise de Paul Gaudin a vu le rapport de force s'inverser, car elle cherche toujours désespérément des soudeurs en CDI pour ses chantiers : "Si demain, Clément décide d'arrêter son entreprise, oui, en général, comme Clément, je pense qu'on pourrait recruter 2 ou 3 personnes", reconnaît le responsable du bureau d'études Boissinot. Mais pas question de faire machine arrière pour Clément : "J'ai eu 3 ou 4 demandes que j'ai refusées parce que, du coup, je me sens bien dans l'indépendance."Certains refusent les CDI. D'autres, vont jusqu'à démissionner et le racontent même crânement sur les réseaux sociaux. Jordane Lelong a elle aussi publié une vidéo après sa démission. Nous l'avons retrouvée à Paris, elle travaille dans la création de sites Internet : "Ca m'a libérée d'un poids", confie-t-elle. À 33 ans, elle a déjà eu 3 CDI dans sa carrière. Le dernier, elle l'a quitté il y a un an : "Ce qui me saoulait, c'est la routine, parfois avoir l'impression d'être une fourmi et de ne pas avoir d'impact", explique la jeune femme.Alors, elle a décidé de se lancer seule en autoentrepreneuse. Un travail entre chez elle et un espace de coworking. Un saut dans le vide, pas toujours compris par ses proches : "Ma mère, sa première réaction, c'est : 't'es sûre de ce que tu fais ?' Parce que mine de rien, même si t'aime pas ton travail, t'as toujours de l'argent qui tombe à la fin du mois, etc. C'est peut-être ça qui fait un peu peur", admet Jordane. "L'achat immobilier, typiquement, c'est vrai que ça, c'est le type d'action qu'on peut moins faire en étant indépendant", pointe l'autoentrepreneuse Jolografik.Une nouvelle génération plus libre, plus exigeante envers les entreprises. À 25 ans, Emma Louvat en est un exemple. Elle a accepté un CDI dans une entreprise nantaise, mais à une condition. Télétravailler à l'étranger. Après l'Argentine, la voilà à Bologne pour vivre avec son petit ami italien. "J'ai eu de la chance, parce que mon entreprise ne m'a pas dit non à cette expérience-là. Mais si la réponse avait été négative, je pense que je serais partie, honnêtement", confie la chargée de marketing à Holiworking.Rassurée par le plein-emploi dans certains secteurs, la génération d'Emma serait-elle devenue trop difficile, voire capricieuse ? "Il y a beaucoup de clichés autour de notre génération : génération de fainéants, génération qui ne supporte pas l'autorité ou qui n'a pas forcément envie de travailler. Moi, je ne suis pas forcément d'accord avec ces clichés-là. Je pense que simplement, on a des attentes, encore une fois, différentes de nos aînés et on privilégie beaucoup la vie personnelle, l'équilibre vie pro/vie perso, au CDI", analyse la jeune femme.Selon le baromètre de l'école de commerce l'Edech, 4 jeunes sur 10 n'ont pas souhaité signer un CDI à la sortie de leurs études.












