Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Dans son essai « Sanctuaires », l’auteur présente l’intelligence artificielle comme un danger qui pourrait compromettre notre capacité à penser. Pour nous en protéger, il imagine la mise en place d’écoles, de commerces ou d’œuvres ou lieux 100 % humains. Article réservé aux abonnés Livre. A écouter les thuriféraires de l’intelligence artificielle (IA) générative, nous n’aurions plus le choix. Cette technologie est déjà partout, répètent-ils à l’envi. Elle va révolutionner le monde du travail comme nos vies intimes, se coltiner les tâches répétitives à notre place, prêter une oreille attentive à nos soliloques nombrilistes lorsque plus personne ne les écoute, pondre des films et des livres en quelques minutes. Plus rien ne sera comme avant, et gare aux quelques-uns qui, pris d’un vertige ontologique, osent émettre un doute : ceux-là sont des grincheux réfractaires, des imbéciles qui n’ont rien compris au miracle quasi divin à l’œuvre dans la Silicon Valley. C’est à ce mauvais procès fait aux rétifs de l’IA qu’Abel Quentin, avocat et écrivain, s’attaque dans Sanctuaires (Editions de l’Observatoire, 368 pages, 22 euros), un pamphlet féroce et argumenté. « Face à l’autoritarisme du fait accompli, nous devons reprendre le contrôle de notre récit », défend-il. Car la machine compromet nos libertés. A y regarder de près, le futur promis par les magnats de l’IA, confiant avec une nonchalance choquante que leur créature pourrait bien détruire l’humanité entière, est-il si désirable ? Pas vraiment et, pour étayer sa démonstration, Abel Quentin convoque des penseurs qui s’interrogent sur le progrès technique depuis le début du XXe siècle, tels le philosophe français Jacques Ellul (1912-1994) ou le mathématicien Alexandre Grothendieck (1928-2014). Il dévoile les sophismes de la pensée « technobéate » et les effets secondaires déjà documentés de l’IA sur nos cerveaux qui, à tant laisser la machine penser à leur place, ou à tant jongler entre les agents IA, seraient menacés par le déclin cognitif. « L’IA générative façonne l’individu, son déploiement sans limites modifie le visage de la société », dit-il encore, évoquant les risques d’uniformisation, polarisation et destructions massives d’emploi. Sans machine Il vous reste 39.42% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.