Idées et débatsIdées. S'il est évident que l’intelligence artificielle va affecter durablement le marché du travail, l’émergence d’un chômage de masse chez les cols blancs, telle que la prédisent les géants de la Silicon Valley, n’a rien d’une fatalité, pour au moins trois raisons.Par Olivier sibony*Publié le 20/05/2026 à 08:00bookmarkSam Altman, cofondateur et PDG d'OpenAI, participe à une table ronde sur l'intelligence artificielle à l'Université technique de Berlin, à Berlin, en Allemagne, le 7 février 2025.REUTERSConnaissez-vous le "consensus de San Francisco" ? Sous ce nom mystérieux se cache une idée communément admise dans la Silicon Valley : l’intelligence artificielle va détruire tellement d’emplois, tellement vite, qu’elle conduira rapidement à la formation d’un lumpenprolétariat permanent de cols blancs déclassés.Dario Amodei, le PDG d’Anthropic (Claude), prédit un chômage de 10 à 20 % aux Etats-Unis d’ici un à cinq ans, et l’élimination dans les trois ans de la moitié des emplois de bureau de premier niveau. Le patron de l’IA de Microsoft va plus loin : pour lui, "la plupart des tâches qui consistent à s'asseoir devant un ordinateur seront entièrement automatisées d'ici un an ou 18 mois". Arthur Mensch, de Mistral AI, affirmait récemment devant l’Assemblée nationale que "d'ici trois à quatre ans, la totalité de l'Europe utilise[ra] l'intelligence artificielle pour 10 % de sa masse salariale." Les réductions d’effectifs annoncées par les sociétés de services informatiques, les consultants ou les avocats sont présentées comme les prémices d’une "jobs apocalypse". Les grands patrons de l’IA s’en inquiètent tant qu’ils militent pour qu’on taxe leurs entreprises afin d’apaiser la colère des masses condamnées au chômage.
IA : pourquoi l’apocalypse n'aura sans doute pas lieu, par Olivier Sibony (HEC Paris)
S'il est évident que l’intelligence artificielle va affecter durablement le marché du travail, l’émergence d’un chômage de masse chez les cols blancs, telle que la prédisent les géants de la Silicon Valley, n’a rien d’une fatalité, pour au moins trois raisons.









