Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Chronique Marie Charrel Journaliste au service Economie L’intelligence artificielle générative a déjà des effets concrets sur le marché du travail : intensification des tâches, capitulation cognitive et destructions d’emplois. Publié aujourd’hui à 16h00, modifié à 16h10 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Certains affirment qu’elle va sauver l’humanité. D’autres, qu’elle va la détruire. Pas une semaine ne s’écoule sans que soit publiée une nouvelle étude ou tribune sur la façon dont l’intelligence artificielle générative (IAG) va bouleverser nos sociétés, oscillant entre catastrophisme dystopique et « technoptimisme » béat. Pour la première fois de son histoire, l’homme a forgé une créature qui le surpasse déjà dans un nombre incalculable de domaines, et le singe dans ce qui constitue son essence même : la capacité à penser, à créer, à décider. Sur le marché du travail, trois phénomènes sont déjà à l’œuvre. Le premier est la grande bascule des emplois. L’IAG va massivement détruire certains jobs de cols blancs, en créer d’autres, et cette mutation va très probablement laisser des millions de travailleurs sur le carreau. L’incertitude porte sur l’ampleur de ce chômage, son degré de résorption par le biais de la formation professionnelle et sa part structurelle. Le deuxième phénomène est l’intensification des tâches, déjà documentée par plusieurs études : les ingénieurs, les développeurs, les designers et les consultants, désormais sommés de jongler entre les outils et agents d’intelligence artificielle (IA) pour être plus productifs, voient leur masse de travail augmenter plutôt que diminuer. Et ce, au prix d’une fatigue mentale excessive. Une note publiée le 5 mars par le Boston Consulting Group qualifie même celle-ci de « AI Brain Fry » (« le cerveau frit par l’IA »). Le troisième phénomène, en partie lié, est la « capitulation cognitive », terme forgé par Steven Shaw, chercheur interdisciplinaire en psychologie et technologie à la Wharton School, de l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis), dans un article coécrit avec Gideon Nave et paru en février. Il vous reste 65.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Avec l’IA générative, l’homme a forgé une créature qui le singe dans ce qui constitue son essence même : la capacité à penser, à créer, à décider »
CHRONIQUE. L’intelligence artificielle générative a déjà des effets concrets sur le marché du travail : intensification des tâches, capitulation cognitive et destructions d’emplois.






